Des paysans bretons, pratiquant une agriculture respectueuse de l’environnement – agriculture biologique, agriculture durable –, ont adressé un mémorandum à Bruxelles pour dénoncer les « injustices » dans la répartition par la France des aides publiques européennes liées à la réforme de la Pac.
«On est très amers. On ne sent pas des pouvoirs publics une reconnaissance de nos méthodes de travail », a estimé à Rennes Thérèse Fumery, productrice de lait à Iffendic (Ille-et-Vilaine). Adhérents de la Confédération paysannne, du réseau agriculture durable ou producteurs biologiques, ces agriculteurs pointent le fait que les aides européennes, telles qu’elles sont attribuées par la France, continuent selon eux « à privilégier l’agriculture intensive, plus gourmande en engrais et produits phytosanitaires et à l’origine de multiples pollutions ».
Ils affirment que d’autres pays européens appliquent la Pac de façon plus équitable et moins pénalisante pour les éleveurs respectueux de l’environnement. Ces derniers privilégient, par exemple, le recours à l’herbe plutôt qu’au maïs ou aux céréales en matière d’élevage laitier. Or, depuis des années, « le maïs et les céréales étaient subventionnés mais pas les surfaces en herbe ».
Des aides « recalculées » suite aux jeûnes
« Il reste beaucoup d’injustices (…) On pénalise ceux qui ont adopté depuis longtemps des pratiques respectueuses de l’environnement et pourvoyeuses d’emplois », a souligné Jean-Marc Thomas, producteur de lait à Rostrenen (Côtes d’Armor).
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« On ne peut pas avoir de grands objectifs (ndlr : au niveau du Grenelle de l’environnement) sans encourager les bonnes pratiques », a insisté Thérèse Fumery.
Ces agriculteurs ont mené un jeûne tournant entre septembre 2006 et le printemps 2007 dans une douzaine de départements pour réclamer une plus grande justice dans la répartition des aides. Suite à ce mouvement, les aides d’un certain nombre d’agriculteurs ont été « recalculées ».
Un recours a été déposé sur cette question par la Confédération paysanne et, à titre individuel, une vingtaine de dossiers ont été portés au printemps devant des tribunaux administratifs pour, en substance, inéquité de la part de l’Etat.