Il n’aura pas été inutile que l’ancien Conseil de la concurrence se transforme en Autorité de la concurrence dotée de par la LME du pouvoir de s’auto-saisir. Dès lors, les deux avis qu’elle vient de rendre sur le secteur de la distribution disent tout haut ce que chacun ne pouvait avouer que tout bas tant la peur de représailles reste une caractéristique de ce secteur : le niveau de concentration de certaines zones de chalandise est « préoccupant », comme l’avait déjà dénoncé l’UFC-Que choisir dans une étude effectuée il y a deux ans. La concurrence ne joue pas pleinement entre grandes enseignes – et cela ne peut que nuire au pouvoir d’achat - en raison de la difficulté pour les magasins indépendants de changer de réseau, qu’il s’agisse des franchisés qui sont nombreux chez Auchan, Casino ou Carrefour, ou des groupements de commerçants associés (Intermarché et Leclerc sont les plus montrés du doigt, Système U un peu moins). Et la situation est pire dans le commerce de proximité. De plus, la situation n’est pas près d’évoluer avec des contrats verrouillés pour 30 ans dans certains cas et des pratiques sur le foncier commercial qui introduisent des clauses de non-concurrence « pouvant aller jusqu’à 50 ans », nuisant également au droit d’installation et à la concurrence. Les sages de la rue de l’Echelle ne croient pas que la réforme en cours de l’urbanisme commercial résoudra le problème car ils donnent de six mois à un an aux enseignes pour corriger leurs pratiques, faute de quoi ils transmettront le sujet au législateur. Là encore, comme pour moraliser les relations industrie-commerce ou la publicité alimentaire en direction des enfants trop « téléphages », l’autorégulation n’est pas la panacée.
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