Dans la dernière ligne droite des négociations entre l’Union européenne et le Mercosur, les deux partenaires patinent. Les offres de libéralisation de leur marché ont été qualifiées de part et d’autre de « décevantes ».
Il faut privilégier le contenu à la rapidité » : Peter Mandelson, le futur commissaire européen au Commerce, espère que « Pascal Lamy parachève(ra) l’accord Union européenn –Mercosur » avant la fin de son mandat, mais il se prépare à poursuivre les négociations pour la création d’une zone de libre-échange après le 31 octobre, date butoir fixée par les négociateurs. Ce dossier figure même au quatrième rang de ses priorités, juste derrière le renforcement de la coopération entre les Etats-Unis et l’Europe.
Offres révisées
Le dernier échange d’offres, qui a eu lieu la semaine dernière, a déçu les négociateurs des deux côtés de la table. « Nous avons transmis une offre révisée qui tient compte du niveau d’ambition du Mercosur. Cela signifie que certains éléments que nous avions offerts ont été retirés », a expliqué le négociateur européen Karl Falkenberg. Le recul de Bruxelles concerne surtout les produits agricoles « sensibles » — la viande bovine ou la volaille notamment — pour lesquels les quotas d’importations dont bénéficierait le Mercosur ont été réduits. Reste que l’Union européenne propose d’offrir un large accès aux produits agricoles transformés en provenance du Mercosur. A une condition toutefois : que les pays d’Amérique latine garantissent la protection des indications géographiques, ce qui n’est pas le cas pour le moment.
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« Moins d’optimisme »
Le Brésil, comme le Paraguay, l’Argentine ou l’Uruguay sont dorénavant « moins optimistes » sur la conclusion prochaine des négociations avec l’Union européenne. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, personnage central des pourparlers, a toutefois émis la possibilité que la Mercosur fasse un « effort supplémentaire», si l’offre européenne devenait plus alléchante. Le dialogue n’est donc pas coupé. D’ailleurs, « tout est ouvert », a indiqué la porte-parole du commissaire Pascal Lamy à propos de l’avenir des négociations. Le chef de file du commerce européen, jusqu’à la fin du mois, devrait bloquer une semaine pour se consacrer totalement à cet accord.