Les responsables de la négociation entre l’Union européenne et le Mercosur ont abandonné l’idée de parvenir, avant le 31 octobre, à un accord pour la création d’une zone de libre-échange. Mais ils ont fixé, lors de leur rencontre à Lisbonne, le 20 octobre, un calendrier pour la poursuite des négociations.
Les produits d’Amérique latine ne vont pas déferler dans les rayons ou dans les usines dès demain. Les négociateurs, au plus haut niveau, ne parviendront pas à ratifier un accord pour la création d’une zone de libre-échange entre l’Union européenne et l’ensemble Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, avant le 31 octobre, date butoir qu’ils s’étaient pourtant fixé. Réunis le 20 octobre à Lisbonne, ils n’ont pu que constater les efforts supplémentaires à accomplir de part et d’autre pour « atteindre le niveau d’ambition qui reflète l’importance stratégique de l’accord », indique leur déclaration finale. Pourtant, une « solution minimaliste aurait été possible », souligne une source européenne.
Définition d’un calendrier
L’idée de créer la plus vaste zone de libre-échange de la planète n’est pas abandonnée pour autant. L’Union européenne et les pays d’Amérique latine sont décidés à poursuivre leurs discussions. Deux rendez-vous ont été fixés : avant la fin de l’année, une réunion des coordinateurs devrait avoir lieu, suivie au premier trimestre de 2005 d’une nouvelle réunion ministérielle. D’ici là, les équipes du côté européen auront changé. Le commissaire au Commerce, Pascal Lamy, devrait être remplacé dès le 1er novembre prochain par M. Mandelson – si toutefois la Commission européenne obtient l’investiture du Parlement de Strasbourg.
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Lignes rouges
Aucun nouvel échange d’offres n’est prévu pour le moment. L’heure est au renforcement de la confiance entre les deux parties qui ont passé l’essentiel de leur réunion à se sonder pour « avoir une meilleure compréhension l’une de l’autre », note la déclaration finale. En d’autres termes, avant de poursuivre la discussion, les partenaires veulent « comprendre quelles sont les lignes rouges de chacun », explique la porte-parole du commissaire Pascal Lamy. L’Europe n’est pas prête à discuter d’un abaissement de ses aides internes, dans le cadre de cette négociation comme l’auraient souhaité les pays d’Amérique latine, souligne-t-elle.
Pour autant, des marges de manœuvre existent de part et d’autre, assure la porte-parole, même en agriculture côté européen. « Y compris les Français sont prêts à accepter des importations plus importantes du Mercosur, si en retour de vraies contreparties sont mises sur la table», assure-t-elle.