Les agriculteurs méthaniseurs font tout pour éteindre le vent de la contestation qui s’élève depuis la pollution accidentelle survenue dans le Finistère, le 19 août. Le déversement accidentel de 400 mètres cubes de digestat d’un méthaniseur collectif dans une rivière avait entraîné des restrictions d’eau potable pour cent quatre-vingt mille usagers. Lors d’un point presse organisé fin août chez l’un de ses adhérents en Ille-et-Vilaine, l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF, trois cent quarante adhérents dont deux cent vingt en activité, les autres en projet) et son antenne bretonne ont rappelé que tout est fait pour professionnaliser la production d’énergie à la ferme. L’acceptabilité de ces sites de production d’énergie décarbonnée – soutenue par les pouvoirs publics pour participer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre – conditionne leurs développements futurs.
« Depuis plusieurs années, l’association forme tous les porteurs de projets (dix jours de cours théoriques, quatre jours et demi de formation pratique sur site) et propose des modules de formation dans des lycées agricoles, explique son vice-président national Jean-Marc Onno. Depuis l’an passé, l’AAMF impose à tous ses adhérents une charte qui établit tous les points critiques à respecter dans une unité de méthanisation en fonctionnement, qu’elle soit en cogénération ou en injection directe. Elle a été construite à partir de 2015 et validée par les services de l’État, assure M. Onno. Respect de la réglementation, réception des matières premières, gestion du digestat, production de biogaz, maintenance… Tous les postes d’une méthanisation sont passés en revue. Une dizaine d’agriculteurs méthaniseurs ont audité la moitié des sites en fonctionnement. Les autres seront visités d’ici 2021. « L’audit aura lieu systématiquement tous les trois ans et fera l’objet d’une certification par un organisme extérieur, souligne M. Onno. C’est tout le bien fondé de la charte. »
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Un audit systématique tous les trois ans