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Congrès de Coop de France Métiers du grain : les coopératives maintiennent leurs investissements

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Les investissements des coopératives céréalières sont stables, d'après les indicateurs fournis par Coop de France Métiers du grain, en congrès le 17 décembre. Ils peuvent amener une grande prise de risque. Exemples de coopératives, et explications pour mener à bien les projets.

« Les coopératives des métiers du grain investissent, le font régulièrement et à des niveaux très significatifs », a déclaré leur président Christian Pèes le 17 décembre. Pour une structure moyenne de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, cela représente 3,5 millions d'euros par an, soit un taux d'investissement de 2,75 %, habituel dans le secteur agroalimentaire. L'étude menée avec Unigrains et FNR montre qu'il s'agit majoritairement de corporel. Autre indicateur, les investissements corporels actuels représentent 2,1 fois les dotations aux amortissements.

Chez Noriap, un plan de 70 à 75 millions d'euros est engagé sur 10 à 15 ans pour restructurer les outils de collecte. « On travaille à 85 % pour l'industrie, dont les cahiers des charges sont de plus en plus techniques », a expliqué lors d'une table ronde le directeur général Martin Migonney, qui doit également faire face à l'obsolescence des outils, l'évolution des normes, des modalités de collecte.

A la Scara, la stratégie est guidée par sa situation géographique loin des ports, dans l'Aube. Des investissements massifs ont été réalisés en aval de la filière, notamment avec Limagrain dans la boulangerie industrielle Jacquet. « On comprend mieux les besoins du marché, a souligné la directrice générale Agnès Duwer. Cela donne aussi un sens à l'acte de production. » 63 % de la collecte sont en contrat de filière, 82 % des agriculteurs suivent la démarche Agri Confiance.

Côté Cérévia, la perte de débouchés, avec l'élargissement de l'Union européenne, la réunification allemande, a conduit l'union de commercialisation céréalière à reconstruire sa stratégie d'export. Elle s'appuie maintenant sur des installations à Fos-sur-Mer, où 12 millions d'euros sont injectés cette année pour doubler la capacité du silo à 60 000 tonnes et aménager un hangar pour les engrais. « Nous sommes sept coopératives, autrement, ça aurait été plus difficile à réaliser », a reconnu le DG Robert Bilbot.

Appropriation par les adhérents

Les adhérents tirent une grande fierté de la réussite du projet, d'après lui. En 2010, ils ont été 1 200 à participer au voyage organisé sur place. « C'est un projet ambitieux, a souligné le patron de Cérévia. On l'a partagé avec les adhérents, d'où vient en partie notre succès. » Une recette également appliquée par Noriap et la Scara, qui ont insisté sur l'« appropriation par les adhérents », la « culture du consensus ».

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Plan silos : encore des difficultés de construction

«L E Plan silos, qui prévoyait la construction de 5 millions de tonnes de capacité, a partiellement atteint son objectif », a estimé Christian Pèes. Si des avancées réglementaires, comme la création du régime d'enregistrement, ont été soulignées, certains obstacles demeurent.

« Nous continuons à déplorer sur le terrain de trop nombreuses difficultés, lenteurs administratives voire refus, quand il s'agit de délivrer des permis de construire en zone agricole. »

Autre sujet de crispation, la perte de voies capillaires du réseau ferré. Même si une prise de conscience existe chez RFF (Réseau ferré de France), selon Coop de France. « Il faudra jouer sur plusieurs leviers, à commencer un assouplissement des normes qui conduisent aujourd'hui à des surcoûts inacceptables tant pour la réhabilitation que pour l'entretien », a déclaré Christian Pèes.

Pour ce qui est du financement, Coop de France demande au gouvernement de solliciter la participation du plan Juncker.

« Quand on réalise un investissement, il faut penser aux adhérents, aux partenaires, industriels, distributeurs, consommateurs, a déclaré le professeur à l'Essec Francis Declerck. Un des défis, c'est d'informer toutes les parties prenantes. »

Quant au financement, les coopératives ont des atouts en main pour l'obtenir. « Les banques apprécient leur stabilité sur le long terme », a noté Jean-François Laurain, directeur général d'Uni-grains.