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Le géant allemand de la distribution Metro est en première ligne pour subir les aléas de la conjoncture mondiale et il veut riposter en continuant à grossir. Le concurrent de l’américain Wal-Mart et du français Carrefour entoure ses prévisions de résultats pour 2011 d’infinies précautions.
En 2010 Metro a profité de la reprise sur certains marchés et cueilli les fruits d’une expansion poussée dans les pays émergents. Il affiche du coup 67,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec ses hypermarchés de gros Metro Cash & Carry, ses supermarchés Real, les chaînes d’électronique Media Markt et Saturn et les grands magasins Kaufhof.
Pour cette année il table en théorie sur une poursuite de la croissance, avec une hausse de plus de 4% de son chiffre d’affaires, grâce à ses 110 ouvertures de magasins prévues. Et il mise sur une hausse d’environ 10% de son bénéfice d’exploitation (Ebit) avant exceptionnels, moitié moins que l’an dernier.
Mais « nous allons voir si l’environnement nous laisse réaliser cet objectif », a déclaré son patron Eckhard Cordes, évoquant « une série de nuages à l’horizon ». Metro, qui réalise plus de deux tiers de ses ventes hors d’Allemagne, est exposé sur tous les fronts les plus agités du monde. Il a fait son entrée l’an dernier en Egypte, il est présent en Asie, où les événements du Japon risquent de peser sur toute la région, et il est exposé aux pays en crise financière de l’Europe du Sud (Portugal, Espagne, Grèce). Quant aux pays d’Europe de l’Est, où il est très représenté, ils connaissent des fortunes diverses. Les affaires en Russie marchent très bien, la Roumanie est à la peine. En Allemagne, le boom attendu de la consommation se fait également désirer : le chiffre d’affaires de Metro y est resté stable l’an dernier à surfaces égales et le quatrième trimestre a été décevant.
Le groupe va continuer son expansion à marche forcée, avec une entrée prévue sur le marché indonésien en 2012. « La priorité reste l’expansion en Asie et en Europe de l’Est », a précisé M. Cordes, qui ne voit pas pour le moment de possibilité de conquérir de nouveaux territoires, comme l’Amérique latine où Carrefour est bien établi. Mais même si 2011 est difficile, « nous ne touchons pas à notre objectif à moyen terme » d’une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 6% et de l’Ebit de 10%, a promis son patron.
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