Xavier Beulin a-t-il imprimé sa marque sur le premier syndicat agricole français à l’occasion du congrès de St.-Malo ? Oui... En partie. A l’occasion de la clôture du congrès, le nouveau président de la FNSEA s’est bien gardé de jouer des envolées et revendications lyriques, exercice auquel pas mal de ses prédécesseurs excellaient. Devant le Premier ministre, il a concentré sa revendication sur un domaine où il savait que François Fillon était prêt à répondre, celui du coût du travail. Ou encore, pour demander la mise en place d’un cadre juridique (indexation des prix, organisation des producteurs, etc.). Pour le reste, il s’agissait de “figures imposées” somme toute mineures et classiques (loup, dégâts du gibier) et, surtout, de thèmes sur lesquels c’est aux agriculteurs de prendre la main.
Pourtant, ni le 31 mars ni les deux jours precedents, on a senti un Xavier Beulin allant au bout de ses idées : la réaffirmation du principe que le sort de l’agriculture dépend avant tout d’elle même. La révolution culturelle ne se fait pas en un jour et encore moins dans des discours très écrits qui semblent moins l’inspirer que quelques notes sur lesquelles il peut développer et affirmer ses convictions.
Et puis, tout de même, le nouveau patron de la FNSEA a beau savoir qu’il est très attendu sur ces premiers discours, il lui faut compter sur son élection qui est encore à venir, le 21 avril. Pourquoi brusquer les choses ?
Cependant, les faits pourraient accélérer quelque peu le calendrier syndical. Les contrats laitiers qui arrivent dans les étables, envoyés par les transformateurs, pourraient susciter des réactions vives remettant en question la belle “coresponsabilité gagnant-gagnant” si souvent invoquée à propos des industriels et producteurs.

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