Longtemps attendu par les éleveurs de veaux de boucherie, un plan de soutien à la filière a été dévoilé le 23 août, en Dordogne, par Michel Barnier. 7,8 millions d’euros sont débloqués pour alléger les charges d’emprunts des éleveurs, pour compenser les baisses de mises en place et aider les entreprises en difficultés. Le ministre de l’Agriculture en a profité pour annoncer que la France apportera 23 millions d’euros de plus au budget du plan bâtiments d’élevage. L’enveloppe sera confinancée par le fonds européen Feader.
Malgré, selon ses propres termes, « de graves difficultés budgétaires » dans son ministère, Michel Barnier a annoncé le 23 août lors d’un déplacement en Dordogne, un plan d’aides pour la filière veaux de boucherie. « 7,8 millions d’euros vont être mobilisés dès les prochaines semaines à destination des éleveurs et des entreprises du secteur », a-t-il déclaré. Le secteur du veau de boucherie est confronté depuis plusieurs mois à une crise majeure. L’explosion du prix de la poudre de lait écrémée suite à une forte demande mondiale, la hausse des coûts de production et la baisse de la consommation ont particulièrement mis à mal le secteur qui a du réduire les mises en place.
1,5 million d’euros pour alléger les charges
Les 7,8 millions d’euros promis par le ministre de l’Agriculture comprennent 1,5 million d’euros pour abonder le dispositif actuel du fonds d’allègement des charges d’emprunts pour les éleveurs. 2,1 millions d’euros seront consacrés à « l’adaptation du nombre de places dans les élevages » pour financer la réduction des mises en place. Il est prévu que la filière cofinance à hauteur de 2,1 M euros cette aide, après validation par la Commission européenne. 4 millions d’euros compenseront les pertes de marges brutes des entreprises d’intégration, dans la limite de 200 000 euros par demande. « Des aides à la restructuration des grandes entreprises sous forme d’avance remboursable, complèteront le plan si nécessaire », a ajouté Michel Barnier. Enfin, l’Office de l’élevage accompagnera le plan d’aides par « un soutien aux programmes de recherche et de développement ainsi qu’aux campagnes de promotion ».
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« Une aide aux entreprises insuffisante »
Les professionnels agricoles ont accueilli ces mesures avec une certaine tiédeur. Pour Fabrice Heudier, président d’Interveaux, « l’aide aux entreprises est nettement insuffisante ». « Seules 20 entreprises pourront en bénéficier », souligne-t-il. « Il aurait fallu 15 millions d’euros pour aider toutes les entreprises en difficultés », estime-t-il. Concernant le plan d’allègement des charges, « l’enveloppe est plutôt satisfaisante », reconnaît-il, au regard des 200 000 euros annoncés il y a quelques mois par Dominique Bussereau, et qualifiés de « véritable provocation » par la profession. Enfin sur les « aides aux éleveurs mis de côté », Fabrice Heudier souhaite que les entreprises du secteur laitier participent au cofinancement des 2,1 millions d’euros, « l’interprofession n’ayant plus d’argent ».