Abonné

Filière laitière Michel Barnier légitimise à nouveau le rôle de l’interprofession

- - 3 min

L’interdiction de la DGCCRF (répression des fraudes) faite en mai à l’interprofession laitière (Cniel) de jouer son rôle dans le prix du lait payé aux producteurs n’est plus qu’un mauvais souvenir. Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, suite aux conclusions du groupe de travail mis en place, relégitimise aujourd’hui le rôle de l’interprofession. Dans un contexte à nouveau tendu pour le 4 trimestre, le ministre propose un « dispositif souple, par publications d’indicateurs fiables à l’échelle nationale qui sera géré par le Cniel ». A plus long terme et pour la prochaine campagne, « le système (…) sera fondé sur des indicateurs élaborés par l’interprofession au plan national et répondant à la nécessité d’une plus grande réactivité par rapport aux évolutions du marché ». Sur la base de ces indicateurs, les producteurs réunis négocieront avec les transformateurs au niveau des interprofessions régionales.

Vous avez mis en place un groupe de travail suite au courrier de la DGCCRF et aux tensions survenues dans les discussions du prix du lait au cours du troisième trimestre. Quels étaient les objectifs et quelles sont les conclusions ?

Michel Barnier : La DGCCRF avait en effet rappelé à l’interprofession nationale laitière, le Cniel, qu’il ne devait pas y avoir de recommandation sur le prix du lait dans le cadre des relations interprofessionnelles. Ce rappel ne remet pas en question l’engagement du gouvernement à soutenir une démarche interprofessionnelle. Les interprofessions sont essentielles pour renforcer l’organisation économique des filières agricoles et pour participer ainsi au maintien des activités agricoles sur l’ensemble de nos territoires.

Le groupe de travail avait pour objectif d’étudier l’évolution du cadre de négociations en précisant le rôle de l’interprofession et en répondant au contexte de plus grande volatilité des prix induisant inévitablement des tensions sur le terrain. Il a été animé conjointement par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche et le ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Le groupe a confirmé le rôle central de l’interprofession dans le suivi du marché. Le système qui sera mis en place pour la prochaine campagne laitière, à compter du deuxième trimestre 2009, sera fondé sur des indicateurs élaboré par l’interprofession au plan national et répondant à la nécessité d’une plus grande réactivité par rapport aux évolutions du marché. Sur la base de ces indicateurs, les producteurs réunis au sein des Criel négocieront avec les transformateurs. Ces conclusions ont été confirmées par un échange de courriers entre le Cniel et la DGCCRF.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

Et en attendant ce nouveau système, que va-t-il se passer dans les mois à venir ?

En attendant la mise en place du nouveau système et afin de faciliter en particulier les négociations difficiles du 4e trimestre, un dispositif souple, par publications d’indicateurs fiables à l’échelle nationale sera géré par le CNIEL. Ce dispositif assurera une continuité satisfaisante avec le système pratiqué jusqu’à présent.

Les négociations sur le prix du lait relèvent d’accords privés et l’Etat n’interviendra pas dans ces négociations. J’engagerai par contre en parallèle une réflexion sur les conditions de développement de la contractualisation.