L’interprofession continue à devoir jouer un rôle sur le plan économique affirme le ministre de l’agriculture Michel Barnier. Mais ce rôle doit être de « définir des outils de pilotage de la filière et un cadre de négociations entre producteurs et transformateurs ». Le ministre ne remet pas en cause l’injonction de la DGCCRF qui demandait au Cniel de renoncer à fixer « une recommandation » d’évolution des prix payés aux éleveurs.
Pourquoi l’Etat, via la DGCCRF, a demandé à l’interprofession de mettre fin à un mécanisme de régulation du prix de base du lait qui fonctionnait bien ?
Michel Barnier : La DGCCRF a rappelé les principes du jeu de la concurrence à l’interprofession laitière. Elle ne dit pas que l’interprofession ne peut pas avoir un rôle pour définir des outils de pilotage de la filière et un cadre de négociations entre producteurs et transformateurs mais ce cadre doit permettre à chaque entreprise de mener sa propre négociation au niveau de son bassin de production avec les producteurs qui l’approvisionnent.
C’est déjà le cas dans les faits et le prix du lait n’est d’ailleurs pas le même dans toutes les régions et au niveau de toutes les entreprises. Le prix varie selon de nombreux critères qu’il s’agisse de la qualité du lait, la distance entre l’exploitant et son collecteur, le type de produits commercialisés.
Ce système interprofessionnel n’est-il pas une préfiguration du rôle que vous voulez voir assumé par les interprofessions, à l’heure où le rôle de la Pac s’estompe ?
Michel Barnier : Les interprofessions ont un rôle important à jouer dans le cadre de l’organisation des filières. C’est ce que fait le CNIEL et c’est ce qu’il continuera de faire.
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Le marché du lait évolue par contre, avec plus de variabilité et des amplitudes de variations des prix plus importantes.
Il est nécessaire de revoir les outils qui étaient utilisés jusqu’à présent.
Le gouvernement souhaite donc aider l’interprofession à trouver les nouveaux outils de pilotage nécessaires au secteur laitier et qui répondront en particulier à deux problématiques essentielles :
- la question des indicateurs utilisés pour permettre de définir au cas par cas le niveau de rémunération des éleveurs,
- la question de la contractualisation nécessaire entre les éleveurs et leurs collecteurs/transformateurs afin de maintenir un niveau de production stable.
Ces sujets font déjà l’objet de discussions dans le cadre interprofessionnel et c’est bien le rôle de l’interprofession de faire évoluer la réflexion sur ces questions afin de favoriser la conclusion d’accords entre éleveurs et collecteurs. Je prendrai toutes les initiatives qui s’avèreraient nécessaires afin de faciliter le travail de réflexion entre professionnels.