Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a évoqué la question du développement des industries agroalimentaires lors du conseil des ministres du 29 octobre. Il estimé « nécessaire » la mise en œuvre d’un « véritable plan d’action nationale ».
Une semaine après le Sial et dans un contexte de préoccupation des professionnels du monde agricole face aux difficultés financières des entreprises agroalimentaires (voir Agra-Presse n° 3 174 du 27/10/2008), le ministre de l’Agriculture a porté la question au Conseil des ministres français du 29 octobre.
« Avec un excédent commercial de 9 milliards d’euros en 2007, les industries agroalimentaires représentent un secteur stratégique de l’économie française. Les 11 500 entreprises qui le composent en font le premier secteur industriel avec 420 000 emplois », a fait valoir Michel Barnier. Face à la conjoncture économique, l’industrie agroalimentaire « doit s’adapter ». De nombreux défis « rendent nécessaire la mise en œuvre d’un véritable plan d’action national », a-t-il résumé.
Accent mis sur l’innovation et le développement des exportations
Le ministre a ensuite abordé le sujet du soutien aux investissements et l’accès aux financements, en particulier des PME, deux sujets « primordiaux ». Le plan de soutien de 22 milliards d’euros pour le financement des PME et l’exonération de taxe professionnelle pour les investissements réalisés jusqu’au 1 er janvier 2010 « permettront d’accompagner ces entreprises », a-t-il promis.
Le ministre de l’Agriculture a insisté sur l’innovation et le développement des exportations, qui « seront particulièrement soutenues », a-t-il assuré, « avec une meilleure utilisation des dispositifs publics » d’appui et le lancement d’une marque ombrelle France agroalimentaire.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Par ailleurs, l’amélioration des conditions de travail « permettra de renforcer l’attractivité des métiers ». Enfin, des « outils de pilotage stratégique et d’accompagnement des mutations des filières » seront mis en place en collaboration avec les professionnels.
200 millions d’euros d’aides et un milliard en garantie de financement
Au total, « on estime que ces mesures représenteront des moyens d’environ 200 millions d’euros et une mobilisation de plus d’un milliard d’euros en garantie de financement et en investissement au titre de l’année 2009 pour ces seules entreprises », a chiffré le ministre, évoquant soit des aides, soit des exonérations. Quant au milliard d’euros en garantie de financement, il s’agira de sommes correspondant spécifiquement à la partie agroalimentaire du plan de 22 milliards annoncé par le gouvernement pour soutenir les PME. Ces sommes proviennent de l’épargne réglementée. Elles sont habituellement déposées à la Caisse des dépôts et consignations, mais l’État a autorisé les banques à financer les PME, ajoute-t-on. Elles sont appelées à rester dans les bilans des banques.
« L’ensemble de ces actions permettra d’alimenter de manière significative la réflexion récemment engagée par la Commission européenne, au travers d’un groupe de haut niveau pour le renforcement de la compétitivité des industries agroalimentaires. Celui-ci doit formuler des recommandations au printemps 2009 », a conclu Michel Barnier.