En point d’orgue aux assises de l’agroalimentaire tenues dans les régions, le ministre de l’Agriculture a annoncé la création d’un Grand Conseil des IAA placé auprès du Délégué interministériel Philippe Rouault et promis pour l’été le démarrage de l’Observatoire stratégique de l’agroalimentaire. Il a aussi fait état de 10 priorités de recherche pour le secteur alimentaire et agro-industriel. Et en listant les actions classiques des pouvoirs publics dans ces secteurs, il entend engager l’avenir, invitant même son successeur à porter le titre de « ministre de l’alimentation ».
Une journée consacrée aux enjeux du secteur agroalimentaire et aux projets de recherche-développement a clôturé le 24 mars à Rungis le cycle des assises régionales des industries agroalimentaires organisées par les préfets depuis plus d’un mois. Le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, s’est félicité du succès de ces assises qui ont réuni plus de 2000 personnes en région et dont certaines propositions ont contribué au plan d’actions qu’il a présenté à Rungis.
Un « grand conseil » des IAA
Au plan national Michel Barnier a proposé un renouvellement du cadre de l’action gouvernementale avec « la mise en place d’instruments de pilotage stratégique partagés » :
– un Grand Conseil des IAA que le Premier ministre a décidé de placer auprès du délégué interministériel aux IAA et à l’agro-industrie, Philippe Rouault : il fera se côtoyer professionnels des IAA, de l’agriculture et des organisations de salariés, représentants des consommateurs, du commerce et des organisations environnementales, sans compter tous les ministères concernés. Objectif : participer à la définition, la mise en œuvre et l’évaluation de la politique en faveur des IAA. Ainsi sera pérennisé et réactualisé le plan pluriannuel d’accompagnement du secteur
– un Observatoire stratégique de l’agroalimentaire, déjà annoncé fin octobre Cf Agra alimentation n° 2039 du 30.10.08 page Une, logé à l’Office unique France Agri Mer, dont le comité de pilotage (professionnels, syndicats, administrations et experts) a déjà validé le cadre et qui doit être opérationnel cet été pour rendre disponibles via un site internet des informations, des études et des prospectives ciblées
– l’Observatoire des prix et des marges qui a démarré avec pour premier chantiers la formation des prix dans les filières porc, puis lait UHT et fruits et légumes
– OQALI, l’observatoire de la qualité nutritionnelle des aliments, prévu dans le PNNS 2 et dont les premiers résultats seront disponibles en avril.
En phase avec le futur plan « compétitivité » de Bruxelles
Au plan communautaire, le ministère a collaboré au projet de la Commission (DG Entreprises) d’établir au sein d’un groupe de haut niveau consacré à la compétitivité des IAA un plan sectoriel d’actions avant l’été 2009. Depuis le 17 mars, 30 recommandations ont été retenues dont certaines, selon M. Barnier, ont été inspirées par la France : ainsi la promotion des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments basés sur les normes ISO, la promotion d’initiatives volontaires et partenariales dans le domaine nutritionnel, le soutien des plateformes technologiques de R&D, la mise en réseau des pôles d’excellence européens, afin d’accroître les relations entre entreprises, recherche publique et centres de formation.
Continuité au plan national
Le plan d’action, dans le prolongement du PNDIAA (de 2005) et enrichi fin 2008 d’une attention particulière aux problèmes de financement nés de la crise du crédit, comporte :
– la rationalisation des outils d’accompagnement du FISIAA (8 M EUR en 2009 pour les PME et les entreprises de moins de 750 salariés) qui « va lancer son appel à projet dans les prochaines semaines », a assuré le ministre ;
– le soutien à l’export ;
– la politique de l’offre alimentaire sûre et durable ;
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– le renforcement de l’attractivité des métiers et l’adaptation des politiques de l’emploi-formation aux besoins des IAA ;
– la recherche et l’innovation.
10 priorités pour la recherche agro-industrielle
Sur ce dernier point, le ministre de l’Agriculture a tenu à arrêter dix thèmes prioritaires de recherche et de développement qui sont déjà ou qui seront soutenus dans le secteur de l’agroalimentaire afin de « placer les entreprises françaises en première ligne des innovations qui marqueront les 10 prochaines années ». En souhaitant que les pôles de compétitivité s’en inspirent et que le PCRD communautaire puisse en financer une part.
Il faut « concentrer nos efforts (...) sur les enjeux les plus stratégiques pouvant déboucher à courte échéance sur des produits ou des marchés nouveaux », a insisté Michel Barnier en citant en exemple le développement des alternatives au pétrole.
M. Barnier veut renforcer la recherche sur les molécules végétales, celles qui permettront de remplacer les molécules de synthèse issues du pétrole dans les « plastiques », le bâtiment, certains textiles techniques. Ou encore l’énergie verte, appelée aussi bioénergie, qui doit produire des carburants ou d’autres formes d’énergie qui seront une alternative à l’énergie fossile.
Il faut également améliorer la traçabilité et l’emballage des produits alimentaires pour répondre aux besoins à la fois de sécurité sanitaire, de nouvelles formes de consommation, de respect de l’environnement et aux attentes des consommateurs en matière d’information.
Autre grand axe : l’amélioration de l’alimentation. M. Barnier souhaite concentrer le financement des recherches sur les aliments bénéfiques dans le domaine de la santé et du bien-être. Mais aussi sur ceux qui répondront le mieux aux attentes des consommateurs en matière de goût ou de facilité d’usage, pour certains produits prêts à consommer.
Il s’agira aussi d’améliorer l’alimentation des animaux, et donc d’améliorer la qualité de la viande, du lait. Ou encore la valorisation des produits de la mer, des sous-produits pouvant être utilisés en cosmétique ou en pharmacie.
Le ministre a enfin cité la sélection de variétés agricoles adaptées au changement climatique, la diversification des débouchés de la viticulture et de l’arboriculture, les engrais naturels respectueux de l’environnement.