Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a indiqué, à l’inauguration de la « journée export » de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) le 20 novembre, qu’il veillera à appliquer davantage de rigueur sanitaire, écologique et sociale pour les produits importés.
«Nous avons trop fait preuve de naïveté par le passé », a déclaré le ministre à la journée de l’Ania « S’unir pour l’export ». Il a fait allusion à une tendance, dans la décennie écoulée, à laisser entrer les produits dans l’UE, du moment qu’ils sont compétitifs. Il a affiché sa « grande détermination » à renforcer les contrôles sanitaires, écologiques et sociaux à l’entrée des produits agroalimentaires dans l’UE. « J’ai rencontré mes homologues d’Italie et de Hongrie récemment. Nous allons vérifier que les normes sanitaires, environnementales et sociales sont bien respectées ». Les agents d’Ubifrance « sont déjà engagés dans cette démarche ».
Michel Barnier a par ailleurs ajouté que les attachés agricoles des postes d’expansion économique sont sur-représentés dans les pays européens, et qu’ils seront en partie redéployés vers les marchés des pays émergents, comme le Brésil, les pays d’Asie, la rive sud de la Méditerranée.
Se tournant vers Jean-René Buisson, président de l’Ania, il a invité les entreprises à se joindre plus souvent à ses déplacements à l’étranger, par exemple en Ukraine prochainement.
Des réseaux de grandes sociétés qui soutiennent des PME à l’export
Le thème de la journée de l’Ania, « S’unir pour l’export », a donné lieu à des témoignages.
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Celui d’Hervé Lecesne, p. -d. g. de Nactis, société spécialisée dans les arômes pour l’alimentation et la parfumerie, a montré comment une PME comme la sienne peut être soutenue par un groupe, en l’occurrence Évialis, le numéro un français de la nutrition animale. Nactis s’est en effet implantée au Vietnam, grâce à Évialis, qui lui fournit l’hébergement et des relations utiles. Nactis a par ailleurs obtenu d’Ubifrance le recrutement d’un Volontaire international en entreprise (VIE).
Un autre témoignage, fourni par Alain Fretellière, directeur de la marque Reflets de France, de Carrefour, a indiqué que son groupe organise pour plus de 800 entreprises fournisseurs, majoritairement agroalimentaires, des voyages d’études, des foires aux vins, des échanges de carnet d’adresses.
Les entreprises agroalimentaires, essentiellement des PME, sont faiblement représentées à l’international « parce que le patron est sur tous les fronts (auprès des clients, des fournisseurs, de l’administration, des élus, etc.) », a indiqué Philippe Rabit, président de Partenariat France, une association regroupant 35 grandes sociétés (Areva, Véolia, Suez, la Société Générale, Accor, Bouygues, etc), qui apportent leur appui à l’export aux PME. « Vous avez tout à gagner à vous démarquer de la standardisation alimentaire », a-t-il fait remarquer.
Partenariat France fonctionne selon le principe des partages d’expérience. Philippe Rabit a par ailleurs cité deux exemples « d’adaptabilité » de petites entreprises : en visite au Japon, le patron des calissons d’Aix a remarqué que ses étuis étaient trop grands ; il les a adaptés en concevant des étuis plus petits pour le marché japonais. Parcourant la Chine, un viticulteur a observé que pour les Chinois, les vins français sont comparables à des médicaments, en vertu d’une interprétation particulière du french paradox ; il a alors eu l’idée de conseiller l’accompagnement de ces « médicaments » avec des ingrédients qui se marient avec : fromages, viande de bœuf, canard, champignons, etc.