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Témoignage d'él Michel Legrand : « Il faut être présent »

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Pour le président de la Chambre d'agriculture du Calvados, étiqueté Coordination rurale, le fait de ne pas multiplier les responsabilités professionnelles est un gage de réussite à la tête d'une chambre d'agriculture.

Quelles sont les marges de manœuvre d’un président de chambre d’agriculture lorsqu’il arrive aux manettes ?

Il n’y a pas énormément de marges sur les missions consulaires et réglementaires, car il y a un aspect réglementaire, mais on peut faire bouger les orientations des services. A notre arrivée, nous avons créé un service juridique, et une bourse de l’emploi, pour que les agriculteurs du département aient une alternative aux services de la FDSEA. Nous avons également mis fin à la subvention à la FDSEA. Nous avons également appuyé le développement de conseil en bio et, depuis deux ans, à l’agriculture de conservation. Pour créer un service, on utilise d’abord de l’impôt, mais le but, à terme, c’est qu’il devienne autonome. En général, le service de base est gratuit, et les services complémentaires sont payants.

Concernant la tarification, nous disposons d’une enveloppe de subvention ; nous revoyons nos tarifs chaque année. Il y a deux ans par exemple, nous avons décidé d’une remise de 50% dans le cadre des mauvaises récoltes, de même il y a quelques années pendant la crise laitière. Concernant le service Pac, nous proposons un service de base ; au delà, le service est facturé au nombre d’hectares.

Quels sont les liens avec les collectivités territoriales ?

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Lors de notre arrivée il y a 14 ans, nous avions pris le parti de travailler davantage avec les collectivités. C’est aujourd’hui chose courante au niveau national. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Durant des années, elles nous consultaient, mais elles continuaient à commander des études auprès de cabinets parisiens. Ce n’est que depuis quelques années qu’elles commencent à faire appel à nos services. Cela doit bien sûr rester au service des éleveurs. Par exemple, nous avons accepté l’offre d’animation des zones de captage auprès des agriculteurs, proposée par le syndicat d’eau. Nous aurions pu refuser, comme l’équipe précédente, au motif qu’il s’agirait d’une mission réglementaire qui incombe à l’Etat. Mais nous rendons un service aux agriculteurs et nous renforçons nos liens avec les collectivités, qui nous consultent de plus en plus.

Quels sont les rapports avec les salariés de la chambre d’agriculture ?

Il n’y a pas de soucis avec les collaborateurs. Simplement, il faut être présent. Souvent, les élus de chambre ont plusieurs casquettes, et ne sont pas assez présents. C’était l’un des thèmes de la campagne qui nous a permis d’être élus, nous étions contre les multi-casquette.

« Il n’y a pas énormément de marges sur les missions consulaires et réglementaires »