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Micropep accélère dans le développement de son premier biofongicide

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Micropep développe des biostimulants et bioherbicides à partir de micropeptides Crédits : © micropep

Le toulousain Micropep passe une nouvelle étape dans le développement de son premier biofongicide avec la validation des essais au champ. La start-up prévoit de commercialiser sa solution, utilisant de petites protéines, dès 2028 en Amérique.

Micropep, la start-up toulousaine spécialisée dans les intrants biologiques alternatifs aux produits chimiques, annonce la réussite des premiers essais terrain de son biofongicide. L’entreprise a mis au point une technologie permettant d’identifier et produire des petites protéines, des micropeptides, comme alternatives aux intrants pétrochimiques pour renforcer les capacités naturelles des plantes. La société qui compte aujourd’hui 40 personnes, a également développé une plateforme de conception, permettant de fabriquer les micropeptides d’intérêt.

Le premier biofongicide identifié et fabriqué par Micropep – appelé MPD-01 – cible les champignons pathogènes tels que le mildiou, l’oïdium, ou la phytophtora, responsables de maladies sur la pomme de terre, les fruits et les légumes. La start-up a mené plus de 25 essais au champ en 2022, qui ont permis de valider l’efficacité du produit. « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase, qui consiste à produire davantage et à définir le positionnement du produit. Autrement dit, savoir comment utiliser le produit, à quel rythme, avec quelles doses, etc. », explique Thomas Laurent, directeur général et co-fondateur de Micropep.

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Son premier biofongicide prévu aux Etats-Unis en 2028

Selon la start-up, les micropeptides sont une solution d’avenir car elles « peuvent être efficaces à des doses dix à cent fois moindres que celles que l’on trouve dans les produits chimiques traditionnels ». Autre avantage avancé : un prix potentiellement compétitif. « Notre plateforme propriétaire nous permet de sélectionner les meilleurs micropeptides candidats en fonction de leur potentiel de rendement de production, ce qui nous permet de garantir à nos agriculteurs le succès dont ils ont besoin à un prix abordable », affirme Mickaël Courbot, directeur technique de Micropep.

La jeune société, qui a ouvert un bureau à Boston en septembre 2022, espère lancer la commercialisation de ce premier biofongicide « en 2028 aux États-Unis et un peu plus tôt en Amérique du Sud », déclare Thomas Laurent. « Nous allons déposer les dossiers en même temps pour l’Amérique et l’Europe, mais nous savons que les délais d’homologation sont plus longs en Europe ». Micropep, qui travaille également sur d’autres molécules actives s’investit en parallèle dans un autre projet. « Avec un autre acteur des outils de biocontrôle basé comme nous en Occitanie, nous avons le projet de construire un centre d’innovation dans la région toulousaine », confie le dirigeant. « Ce centre comprendrait des bureaux, des laboratoires, des chambres de cultures et une serre et hébergerait des entreprises déjà bien établies, mais également de jeunes start-up que nous pourrions accompagner ». Thomas Laurent espère pouvoir démarrer la construction du centre en 2024.