Abonné

Mieux gérer les sols

- - 3 min

Un rapport publié le 5 mars par la Commission souligne le rôle crucial que les sols peuvent jouer dans l’atténuation du changement climatique. Ceux-ci renferment environ deux fois plus de carbone que l’atmosphère, et trois fois plus que la végétation. Ils représentent un gigantesque réservoir de carbone, puisqu’ils en contiennent quelque 75 milliards de tonnes.

La plupart des sols européens accumulent du carbone, rappelle le rapport : les sols couverts d’herbages et de forêts servent de puits et peuvent piéger jusqu’à 100 millions de tonnes de carbone par an ; les sols couverts de champs cultivés, en revanche, sont des émetteurs nets, et dégagent entre 10 et 40 millions de tonnes de carbone chaque année. Les pertes de carbone des sols se produisent lorsque des herbages, des zones forestières gérées ou des écosystèmes autochtones sont mis en culture; ce processus de perte s’inverse, quoique lentement, en cas de retour à l’affectation initiale.

L’étude souligne l’importance que revêt la protection des sols à teneur élevée en carbone. Environ 310 000 km 2 de tourbières vierges, soit la moitié de la superficie de la France, ont d’ores et déjà disparu du fait de l’exploitation agricole ou forestière, de l’urbanisation ou de l’érosion. Plus de la moitié des tourbières restantes sont également en cours d’assèchement, ce qui pourrait entraîner des pertes de plus de 30 millions de tonnes de carbone par an pour le seul secteur agricole, soit l’équivalent de 40 millions de voitures supplémentaires sur les routes européennes. L’option la plus réaliste pour gérer et améliorer les réserves de carbone contenues dans les sols consiste donc à protéger ces tourbières, dont la plupart sont situées en Europe du Nord (Suède, Finlande, Royaume-Uni, Irlande).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

changement climatique
Suivi
Suivre

Les pratiques de gestion des sols influent considérablement sur les réserves de carbone, remarque le rapport. Celui-ci indique comment améliorer les pratiques agricoles de manière à réduire au minimum les pertes de carbone, non seulement au niveau des cultures et des résidus de culture, mais aussi en veillant à ce que les sols soient protégés contre l’eau et la pluie par une couverture végétale permanente, en adoptant des techniques de labour moins agressives et en limitant le recours aux engins agricoles. Ces pratiques pourraient permettre de retenir entre 50 et 100 millions de tonnes de carbone par an dans les sols européens.

La Commission rappelle, dans ce contexte, qu’elle a présenté en 2006, avec le soutien du Parlement européen, une proposition législative visant à protéger les sols européens, mais que celle-ci est actuellement « bloquée au Conseil du fait de l’opposition de cinq Etats membres ».