« Nous sommes justement en train d’évaluer l’efficacité des campagnes d’information et de promotion communautaires en faveur des produits agricoles dans les pays tiers et sur le marché intérieur. Nous avons à cet effet signé un contrat-cadre dans ce sens avec des consultants pour mener ce travail ». C’est la réponse qu’a apportée la commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel à un député européen qui l’a interpellée sur son degré de satisfaction quant aux activités de promotion des produits européens sur les marchés étrangers.
La commissaire à l'agriculture, interpellée au Parlement européen sur la politique de promotion en direction des pays tiers, a pu se référer à un rapport que la Commission vient de présenter au Conseil des ministres et au Parlement qui est en outre assorti de recommandations visant, selon elle, à « contribuer à une promotion optimale des produits agricoles dans l’avenir ».
Evaluations en cours
Le contrat-cadre signé par la Commission prévoit d’effectuer une série d’évaluations (8 au maximum) des programmes d’information et de promotion des produits agricoles sur les marchés des pays tiers prévus dans le cadre des règlements 2702/1999 et 2826/2000 relatifs respectivement à des actions d’information et de promotion en faveur des produits agricoles dans les pays tiers et sur le marché intérieur. Selon Mariann Fischer Boel, deux de ces évaluations planifiées sont sur le point d’être achevées. Il est également prévu de procéder à une évaluation des programmes de promotion de tous les produits européens sur les marchés des Etats-Unis et du Canada ainsi qu’à l’évaluation des programmes de promotion du vin européen sur les marchés de la Norvège et de la Suisse, à la date du 1er mai 2007. La commissaire ajoute que les campagnes d’information et de promotion réalisées dans le cadre des mesures financées à 100 % par le budget de l’UE feront aussi l’objet d’évaluation. En rapport avec ces opérations, rappelle la commissaire, l’Union développe actuellement une série de campagnes promotionnelles et en particulier la Campagne EAT (Campaign European Authentic Taste- Campagne européenne pour un goût authentique). Il s’agit d’une campagne d’informations d’envergure, financée entièrement par l’UE, visant à sensibiliser les détaillants en épicerie fine, les restaurateurs, les professionnels des services alimentaires, les médias et les consommateurs nord-américains aux avantages d’acheter des produits agroalimentaires européens affichant les labels « AOP », « IGP », « STG » (spécialités traditionnelles garanties) et « Agriculture biologique ». Une autre campagne similaire est en cours en Chine et au Japon. Commencées en 2004, ces dernières devraient s’achever en 2007.
moins de programmes acceptés en 2006
Le rapport que la Commission a présenté le 15 janvier au Conseil et au Parlement couvre la période 2004-2006. Celui-ci constate qu’en ce qui concerne les programmes destinés aux marchés des pays tiers, ceux-ci n'ont représenté qu'environ 25 % des programmes proposés. De même, en matière de cofinancement, ces programmes ont bénéficié d'environ un quart des fonds communautaires alloués aux programmes de promotion acceptés. Parmi les pays cibles, l'Amérique du Nord vient en tête, suivie de la Russie et du Japon. En matière de produits promus sur les marchés tiers, la première place revient nettement aux produits sous signes de qualité (AOC, AOP, STG) suivis des vins et spiritueux, des fruits et légumes frais et transformés, ainsi que des viandes de qualité.
Pour ce qui est des programmes destinés au marché intérieur, le nombre des programmes soumis est passé de 64 en 2004, à 72 en 2005 et en 79 en 2006, ce qui représente un accroissement de 23,4%. Le nombre des programmes acceptés est quant à lui passé de 46 en 2004 à 51 en 2005 et 31 en 2006. L'application des critères plus rigoureux dans l'examen des ces programmes n'est pas étrangère à cette réduction. Ce sont les secteurs des produits laitiers, des fruits et légumes frais et transformés ainsi que des plantes et arbustes d'ornement, mais aussi de l'agriculture biologique et des viandes de qualité qui ont été les plus grands bénéficiaires en termes de budget. Le rapport note aussi, que si depuis le début du régime de promotion, dans la moitié des cas, le pays-cible est bien le pays proposant du programme, cette tendance diminue significativement dans la période.
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Des Programmes gérés directement par la DG AGRI
Certaines actions peuvent être financées à 100 % par le budget de l’UE. Il s’agit là d’actions lancées et gérées directement par la Commission, et mises en œuvre avec l’aide de contractants sélectionnés par voie d’appels d'offres. En fait partie notamment cette organisation de campagnes d’information aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et au Japon (évoquée plus haut) et qui a bénéficié d’un budget annuel de 2 millions d’euros (1 million pour l'Amérique du Nord et 1 million pour l'Asie). Le rapport annonce qu’en mars 2007, il sera organisé une mission commerciale de haut niveau en Inde de la commissaire Fischer Boel, accompagnée d'une délégation de chefs d’entreprise. Cette mission, d'une durée de six jours, a pour objectif de lancer des ponts entre l'UE et l'Inde. Elle se déroulera à New Delhi et à Bombay et comportera également la présence d'un stand de l'UE au salon agroalimentaire Aahaar de New Delhi. Budget alloué : 1 million d’euros.
Campagne de promotion en faveur du bio
La Commission a lancé, sur base du règlement n° 2826/2000 une campagne de promotion en la matière d’une durée de trois ans et dotée d'un budget de 3 millions d'euros pour l'ensemble de la période. Cette campagne se déroulera parallèlement aux programmes nationaux cofinancés par l'UE dans ce secteur en pleine expansion et a pour objet de venir en appui à ces initiatives. Dans ce contexte, suite à un appel d’offres, un contrat cadre a été conclu avec une société spécialisée afin de développer un site internet et une « boîte à outils » contenant divers instruments pouvant être utilisés pour promouvoir l'agriculture bio et informer sur les produits qui en sont issus.
Améliorations à apporter
En conclusion, la Commission se refuse à un jugement définitif sur les actions menées depuis 2004 étant donné les modifications réglementaires introduites fin 2004 et 2005. Le rapport suggère néanmoins des pistes d'amélioration. En effet les organisations professionnelles et les États membres privilégient trop leur intérêt national et leurs propositions n’ont guère de valeur ajoutée européenne. Et, par souci de simplification, les deux règlements de base du Conseil relatifs au marché intérieur et aux pays tiers pourraient être fondus en un seul, avec une meilleure programmation budgétaire. Enfin des lignes directrices sont en cours d'élaboration dans le but, entre autres, de minimiser les imprécisions et autres « lacunes » dans la formulation des programmes.