Le milliard que Pernod Ricard a appelé en Bourse a été sursouscrit plus de deux fois. Sans forcément atteindre le même score – les yaourts et l’eau minérale sont moins prisés ces temps-ci que les spiritueux -, la levée de fonds de 3 milliards que va lancer Danone montre que les marchés financiers, tant décriés ces derniers temps, peuvent revenir dans leur rôle : servir au développement de l’économie réelle et permettre à des entreprises saines de mieux mener à bien des stratégies d’avenir. Ce n’est pas toujours sans risque, celui de diluer le capital, ou d’induire en tentation d’éventuels prédateurs, mais dans les deux cas il a dû être mesuré et mis en balance avec les avantages d’une plus grande flexibilité stratégique et financière : pour d’éventuelles croissances externes, pour éviter de brader des actifs potentiellement à vendre, accélérer le désendettement auprès des banques et chasser le surcoût des frais financiers. Que cela reflète - et renforce à la fois - un certain retour de la confiance est en tous points positif. Il n’est pas sûr en revanche que le moment soit le mieux choisi, du moins pour l’image de l’industrie alimentaire. Ces milliards destinés aux leaders sont bien voyants alors que quelques centaines de millions suffiraient pour sortir beaucoup d’autres de l’ornière et qu’il ne reste qu’une dizaine de millions pour une politique industrielle. D’aucuns pourraient y voir une provocation quand quelques centimes sont refusés aux producteurs de lait et bénéficient à peine aux consommateurs !

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