Les débats se renouvellent peu autour de l’alimentaire et certains passeront aussi vite que les vagues. Le fonds de commerce privilégié d’UFC Que Choisir reste les prix et les marges, avec des analyses toujours un peu simplistes sur les hausses qui surviennent en rayon dès que flambent les prix agricoles alors que les baisses ne seraient jamais assez vite répercutées. La polémique ne prend plus vraiment, puisque le juge de paix officiel, l’Observatoire des prix et des marges, existe maintenant à Bercy. Mais rien n’y fait, on compare l’animal sur pied et la côte de porc, le lait payé à la ferme et la brique UHT et l’on ressort l’arme de coefficients multiplicateurs qui même sur les fruits ou légumes en l’état, n’ont jamais fonctionné dans les périodes de crise. Le consommateur est moins dupe que les organisations qui sont censées le représenter : il trouve à acheter au moins cher quand cela l’arrange et il est prêt à payer plus pour manger « citoyen » ou pour se faire plaisir à certains moments comme pour les fêtes qui approchent. Son comportement, en France du moins, relativise bien d’autres débats : ainsi, alors que les experts et les lobbies se battent auprès de l’Agence européenne de sécurité des aliments pour faire avancer le dossier des allégations nutritionnelles et de santé – en partie en panne faute de définition des « profils nutritionnels » - on découvre que c’est une infime minorité qui achète sous l’influence de ces messages. Et qu’il en est même que cela détourne carrément des produits qui en ont ! A tout prendre, le coup de sang du Conseil économique sur le sujet – le rapport Daguin suggère de suspendre toute allégation tant que leurs modalités d’utilisation n’auront pas été clarifiées et que chaque demande n’aura pas été agréée – ne va pas émouvoir grand monde. Tout à leur plaisir devant leur assiette, les Français n’aiment pas qu’on leur dicte leur conduite.
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