Si les positions du précédent ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, ont paru presque toujours se confondre avec celles de Matignon ou de l’Elysée, les positions du ministre actuel, Didier Guillaume, sont jusqu'ici difficiles à distinguer de celles du secteur agricole, et en particulier du syndicalisme majoritaire. Il a d’ailleurs, à plusieurs reprise, dit qu’il voulait être le « ministre des agriculteurs ». Et la métaphore du bouclier, qu’il a de nouveau employée lors de son discours au congrès de la FNSEA, est significative de son positionnement : Didier Guillaume veut faire corps avec le monde agricole, dont il est issu – il a rappelé durant le congrès que son père avait toujours une retraite insuffisante selon lui. Certes, le monde agricole attend des pouvoirs publics une forme de chaleur, dans un contexte souvent hostile tant de la part des marchés que dans la société. Il est vrai que Didier Guillaume n’occupe pas sa fonction depuis longtemps, et pourrait changer de ton dans les mois à venir. Mais en attendant, en poussant à ce point la proximité entre un secteur et son ministre de tutelle, ne prend-il pas le risque de prêter le flan à ceux qui voudraient supprimer le ministère de l’Agriculture pour en redispatcher les services à l’Écologie ou à Bercy ? En opérant peu d’arbitrages avec le monde agricole, un ministre ne risque-t-il pas d’altérer, aux yeux de certains, l’utilité de sa fonction ?
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