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Biocarburants et crise alimentaire Mise en garde contre toute condamnation hâtive

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Le responsable de la nouvelle cellule de crise des Nations unies chargée de la question de la flambée des prix des denrées alimentaires met en garde contre toute condamnation hâtive du développement des biocarburants, considéré comme l’une des causes de la crise alimentaire mondiale.

«Je pense qu'il faut éviter une réponse hâtive », a déclaré le 30 avril John Holmes, coordinateur de l'état-major de crise créé par le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et rassemblant les chefs des agences des Nations unies, le FMI et la Banque mondiale Voir n° 3152 du 05/05/08. « Les biocarburants ont été développés en réponse au problème des effets du changement climatique et au besoin de faire diminuer les émissions de gaz carbonique. Ils n'ont pas été inventés juste pour le plaisir », a-t-il souligné.

Des objectifs trop ambitieux

Jean Ziegler, alors rapporteur spécial de l'Onu pour le droit à l’alimentation, avait qualifié de « crime contre l'humanité » la production massive de biocarburants. Selon M. Holmes, la situation est « plus subtile : dans certaines régions, il est sensé de produire des biocarburants, alors que ce n'est pas forcément le cas dans d’autres ».

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Pour sa part, Olivier de Schutter, le successeur de M. Ziegler, « n’imagine pas de retour en arrière » sur les biocarburants, mais appelle au « gel de tout investissement dans ce secteur », dans un entretien publié le 2 mai par le quotidien Le Monde. « Les objectifs ambitieux en matière de production de biocarburants que se sont fixé les Etats-Unis et l'Union européenne sont irresponsables », affirme le nouveau rapporteur spécial de l'Onu pour le droit à l'alimentation.

L'économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l'Onu, a d’ailleurs réclamé, le 5 mai à Bruxelles, une réduction des programmes américains et européens de promotion des biocarburants, qui « n’ont pas de sens » face à la crise alimentaire mondiale.