À moins d’un mois du retrait du Royaume-Uni de l’UE, FoodDrinkEurope (FDA), le porte-voix de l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE, estime que le secteur est « particulièrement vulnérable dans le cas d’un Brexit sans accord » et avertit que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aurait un impact « dévastateur » sur l’industrie.
À moins d’un mois du retrait du Royaume-Uni de l’UE, FoodDrinkEurope (FDA), le porte-voix de l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE, estime que le secteur est « particulièrement vulnérable dans le cas d’un Brexit sans accord » et avertit que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aurait un impact « dévastateur » sur l’industrie.
Pour étayer les préoccupations du secteur agroalimentaire de l’UE, FoodDrinkEurope affirme que selon un de ses rapports internes, un « Brexit sans accord » entraînerait « une diminution substantielle du commerce et de la production de denrées alimentaires et de boissons entre l’UE et le Royaume-Uni ». Cela aurait à son tour un impact sur les revenus des entreprises manufacturières, menaçant des milliers d’emplois dans tous les États membres (1). Les exportations de produits alimentaires et de boissons de l’UE à 27 vers le Royaume-Uni s’élèvent aujourd’hui à 32 milliards d’euros, soit 70 % des importations totales du Royaume-Uni. Si le Royaume-Uni devait quitter l’UE sans un accord, les droits de douane de l’OMC dits de la nation la plus favorisée (NPF) (2) pourraient s’appliquer aux biens échangés. Pour les produits agroalimentaires, insiste FoodDrinkEurope, ces tarifs seront notoirement élevés, ce qui aura des répercussions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, du producteur à l’exportateur et au consommateur. Le rapport interne montre que cette perturbation de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pourrait potentiellement entraîner toute une série de répercussions, à commencer par une forte baisse des volumes d’exportation de l’UE à 27 vers le Royaume-Uni
Certains secteurs particuliers pourraient être dramatiquement affectés, comme par exemple les exportations de l’industrie belge du chocolat vers le Royaume-Uni qui pourraient diminuer de 31 %, les exportations de pain allemand de 34 %, les exportations de pâtes italiennes de 59 % et les exportations de fromage et de viande bovine irlandais ainsi que de fromages français de 89 %
Les recettes pourraient déplorer une baisse significative, comme dans le secteur irlandais de la viande bovine, une baisse estimée à environ 732 millions d’euros, une perte de 178 millions d’euros pour le secteur néerlandais des légumes, tandis que les recettes dans le secteur français du vin pourraient diminuer de 181 millions d’euros
Les emplois sont menacés à la suite de ces baisses des exportations et des revenus : dans le pire des cas, le secteur allemand de la confiserie pourrait perdre 3 200 emplois, les secteurs irlandais du fromage et de la viande 3 600 emplois et le secteur français du fromage quelque 400 emplois. Ces chiffres se rapportent à la perte directe d’emplois, qui s’ajouteraient à la perte indirecte supplémentaire d’emplois
On craint un impact extrêmement préjudiciable sur les petites et moyennes entreprises (qui représentent 99 % des entreprises d’alimentation et de boissons de l’UE) : pour beaucoup d’entre elles, le commerce avec un Royaume-Uni post Brexit sera la première fois qu’elles exporteront vers un "pays tiers". Cela entraînerait de nombreux défis pour ces entreprises qui n’ont souvent pas les ressources humaines ou financières nécessaires pour se préparer adéquatement
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Les consommateurs européens seront également perdants car, selon FoodDrinkEurope, on s’attend à ce que les prix augmentent considérablement et l’accès à leurs produits préférés sera limité. Selon les calculs des experts de FoodDrinkEurope, une augmentation de 1 % du prix des denrées alimentaires exportées vers le Royaume-Uni réduirait le volume de la production de 4,85 %.
Si l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE se dit résiliente, elle considère toutefois que cette résilience pourrait ne pas suffire pour lutter contre la perturbation économique soudaine d’un Brexit sans accord. Raison pour laquelle elle réaffirme que l’accord de retrait, tel que négocié par Michel Barnier avec la partie britannique, représente la meilleure voie à suivre pour le secteur agroalimentaire de l’UE. Si cet accord n’est en fin de compte pas approuvé par la partie britannique, FoodDrinkEurope réitère alors sa demande à la Commission européenne d’adopter des mesures d’urgence unilatérales, comme indiqué dans la lettre qu’elle lui a envoyée le mois de février dernier pour aider le secteur à atténuer l’effet dévastateur d’un non-accord.
(2) Dans les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la clause de la nation la plus favorisée (NPF) stipule que tout avantage commercial accordé par un pays à un autre doit être immédiatement accordé à la totalité des membres de l’OMC.