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Biotechnologies Mme Fischer Boel espère assouplir les règles de l’UE sur les importations d’OGM

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Seuls trois pays de l’UE – Chypre, l’Autriche et la Pologne – ont affiché clairement leur opposition à l’instauration d’un seuil de tolérance en cas de contamination, par des OGM non autorisés, des importations d’aliments pour animaux, le 7 septembre, à Bruxelles, lors du Conseil des ministres européens de l’agriculture. Un rapport de force qui doit désormais inciter la Commission, selon la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, à proposer aux experts des Etats membres la remise en cause rapide de la politique de tolérance zéro. Et ce, malgré les réticences de son homologue en charge de la santé, Androulla Vassiliou.

L’Europe bloque à ses frontières toute cargaison de produits agricoles dès lors qu’ils contiennent de simples traces de semences transgéniques non autorisées dans la Communauté. Une attitude intenable et qui provoque une situation dont les développements durant l’été sont jugés « inquiétants » par la commissaire européenne à l’agriculture : mi-juillet, quelque 200 000 tonnes de soja en provenance des Etats-Unis avaient été refoulées des ports européens après la découverte de traces « minimes » d’un maïs OGM, le Mon 88017, selon les chiffres présentés, le 7 septembre, par Mariann Fischer Boel aux ministres des Vingt-sept. L’autorisation d’importer cet OGM devrait être à l’agenda des ministres dès le prochain Conseil, a indiqué la présidence suédoise (1).
La commissaire a, une nouvelle fois, défendu le principe d’une remise en cause de la tolérance zéro. D’autant que la mauvaise récolte 2008/2009 (-30%) en Argentine écarte, provisoirement, l’espoir d’un approvisionnement suffisant en aliments pour animaux exempts d’OGM non autorisés en Europe, a-t-elle fait remarquer. Et que la Chine, acheteur moins regardant sur les problèmes de contamination, est de plus en plus active sur le marché mondial.
Les élevages européens « ne peuvent pas se passer de ces importations », a-t-elle martelé. Cependant, Mme Fischer Boel a pris le soin d’insister sur la distinction claire entre ce dossier, qui concerne les seules importations, et celui de la mise en culture des OGM dans les champs de la Communauté.

Développer les protéines végétales en Europe
Les Pays-Bas, le Danemark, le Portugal, la Roumanie, l’Espagne, la République tchèque et le Royaume-Uni ont apporté leur soutien à la commissaire. De même que la Belgique qui a toutefois appelé l’Europe à réfléchir sur les problèmes posés par la dépendance de celle-ci dans le secteur de l’alimentation animale. Plus réservée à l’égard d’un éventuel seuil de contamination, la Pologne a pour sa part mis l’accent sur la nécessité d’inciter les agriculteurs à développer la production de protéines végétales au sein même de l’UE. Varsovie s’est aussi demandé pourquoi l’Europe, en pleine crise de son secteur laitier, n’engageait pas une politique plus favorable à l’utilisation du lait écrémé dans l’alimentation animale. Chypre et l’Autriche ont appelé une nouvelle fois l’Europe à s’en tenir à une application stricte du principe de précaution et à ne pas prendre de décision hâtive.

(1) Voir même numéro, page 10.

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