Le collectif des 43 régions européennes hostiles au développement des OGM dans la Communauté s’est mobilisé, à Bruxelles les 5 et 6 décembre, pour démonter qu’il est encore possible d’approvisionner les élevages de l’UE en protéines végétales issues de plantes conventionnelles. Ces collectivités réclament, notamment, le droit d’interdire la culture des OGM sur leur territoire et l’étiquetage des produits s’ils sont issus d’animaux nourris ou pas à partir de transgéniques. Celui-ci leur permettrait de valoriser, en termes de coûts de production, leurs efforts auprès des consommateurs.
Si elles conviennent que l’Union européenne ne parviendra pas à produire suffisamment de protéines végétales pour être autonome, les régions « libres d’OGM » estiment qu’il est nécessaire de développer davantage des sources alternatives d’approvisionnement pour éviter le développement exclusif des OGM dans la filière des aliments pour animaux.
Déficit de 73 % en protéines végétales
Selon les chiffres des organisations professionnelles agricoles (Copa et Cogeca), invitées malgré leurs divergences de vues avec le collectif d’élus locaux, le déficit en protéines de l’Union est de 73 %. Quelque 25,2 millions de tonnes équivalent protéines sont nécessaires pour nourrir les élevages européens a souligné Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa et de la Cogeca. Et la Communauté n’en produit que 6,7 millions. A peine 1,5 % du soja utilisé au sein de la Communauté y est aussi cultivé. Pourtant sa part dans l’alimentation animale – 65 % selon les professionnels – est considérable.
Partenariats avec les pays producteurs
Les régions « libres d’OGM » suggèrent de réduire la dépendance de l’UE en développant sa propre production de protéines végétales notamment à partir de fèves, de pois ou de luzerne. Elles souhaitent aussi que les partenariats noués depuis plusieurs années avec certains fournisseurs dans le monde soient pérennisés, voire renforcés. Ceux-ci se situent au Canada, au Brésil, aux Etats-Unis, ou même dans des pays dont l’activité sur le marché mondial des aliments composés pourrait être plus importante, tels que l’Inde.
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Etiquetage des produits animaux
Par ailleurs, la possibilité de justifier auprès de consommateurs, le surcoût induit par le développement de ces filières est vivement réclamée. Il devrait être possible, a notamment défendu une élue de la région Bretagne, d’instaurer un système d’étiquetage permettant de différencier les animaux nourris ou pas avec des OGM. Cette proposition adressée à de nombreuses reprises au commissaire européen à la santé, Markos Kyprianou a, jusqu’à présent, reçu une fin de non-recevoir.
Prime de 12 euros/t pour du soja non OGM
La coopérative Cooperl, qui regroupe environ 1300 producteurs de porc bretons, a mis en place, depuis 1998, une filière d’approvisionnement en soja brésilien certifiée non-OGM, ont fait valoir les intervenants. Les primes versées par les professionnels pour obtenir du soja exempt de transgénique ont été en 2007 de 12 euros par tonne. Mais, selon leurs estimations, le coût global de la filière non-OGM devrait flamber dans les prochaines années. Il devrait être de 20 à 25 euros/t en 2008 et atteindre à terme environ 40 euros/t. Pour cette coopérative française qui produit 2,6 millions de porc par an, l’alimentation non-OGM génère un surcoût de 2,1 millions d’euros, ce qui représente 0,80 euro par porc.