Abonné

Eau Mobiliser l’imagination collective pour les captages et leurs territoires

- - 3 min

La protection des captages d’eau potable, notamment des 500 captages rendus « prioritaires » par le Grenelle de l’environnement, cristallise les tensions. Pour travailler – sérieusement – sur la question, pourquoi ne pas passer collectivement par l’imaginaire ? C’est ce que propose une équipe de recherche de l’Inra.

Passer par l’imaginaire pour dessiner la protection de l’eau potable. C’est le pari d’un projet mené par l’Inra et piloté par le ministère de l’Ecologie dans le cadre de l’action 21 du plan Ecophyto 2018. La méthode développée est à l’essai sur trois aires d’alimentation de captages, à Evreux, Berck et Châteaudun. Son originalité : rassembler les acteurs d’un territoire et les laisser imaginer les futurs qui les intéressent pour cet espace. Chacun peut alors proposer ses objectifs et contraintes : par exemple, maintenir la surface en agriculture biologique sous un certain seuil sans modifier l’assolement actuel d’une culture, tout en réduisant l’Indice de fréquence de traitement (IFT) du territoire.
Est-ce possible, et quels sont les effets de ces desideratas sur la production, l’économie ou l’environnement ? C’est un outil de modélisation qui répond à ces questions. Les souhaits des acteurs sont intégrés dans un système de modélisation préalablement paramétré par des experts locaux (chambres d’agricultures, instituts techniques, coopératives…) pour s’ajuster aux données spécifiques au territoire. L’outil évalue alors les scénarios imaginés selon des critères agronomiques tels que le rendement, mais aussi économiques (charges, produits bruts, etc.), sociaux ou encore environnementaux. Pour ces derniers, il s’agit essentiellement d’indicateurs de pression sur l’environnement : IFT (indice de fréquence de traitement), bilans azotés, coûts et efficiences énergétiques...
Avantage de la méthode, « les acteurs peuvent se lâcher, dans les objectifs et contraintes qu’ils proposent de soumettre à la modélisation, car c’est virtuel, il n’y a pas d’engagement », a remarqué Laurence Guichard, chercheuse à l’Inra de Grignon, qui présentait ces premiers résultats au Salon de l’agriculture à Paris, le 27 février. Ceux-ci donnent de la matière à la réflexion du collectif d’acteurs locaux qui peut alors affiner les objectifs et relancer l’outil.
À l’issue de ce processus itératif, un ou plusieurs scénarios « préférés » sont dégagés, qui peuvent donner des pistes pour élaborer le programme d’action destiné à protéger le captage. Ces propositions peuvent notamment être relayées auprès du comité de pilotage officiel de l’aire d’alimentation du captage.

Un guide et des tests réitérés
Déjà développée sur l’aire d’alimentation du captage de la Fosse de Melun, en Seine-et-Marne, cette méthodologie est en cours de test sur plusieurs autres captages. Un guide sera édité d’ici à mai 2012 pour que la méthode se déploie à d’autres captages.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.