Mobiliser pour l’export: cela a longtemps été l’affaire des pouvoirs publics–politique des grands contrats d’équipement, ventes d’Airbus mais aussi de blé, de beurre, de poulets ou de sucre ont fait beaucoup pour la balance commerciale. La PAC elle-même, d’abord conçue pour nous rendre autosuffisants, a contribué ensuite à doter nos grandes filières de capacités exportatrices. Mais tout cela a été rogné, ou n’est plus. Et pas grand monde ne s’en est offusqué. Les stratégies individuelles des entreprises ont pris le dessus. Elles visent à faire de bonnes affaires partout où c’est possible pour en tirer des dividendes, et non forcément à ramener des devises en échange des flux de produits sortant des usines de l’hexagone. Sur ce terrain plutôt déserté, la surprise est que l’Ania sonne le branle-bas en faisant du 30 mars une «grande journée export» dont nous tirerons ici les leçons sans tarder. Mais déjà ce constat, tiré d’une enquête interne, désigne où pourraient être les remèdes: la grande majorité des IAA n’exporte pratiquement pas, par peur de l’inconnu, faute de motivation et de moyens humains tout d’abord et financiers seulement ensuite. L’accompagnement des structures publiques d’appui recueille aussi bien des critiques: celles-ci infléchiront-elles le plan sectoriel d’exportation agroalimentaire que va afficher le ministre de l’Agriculture? Ainsi faut-il vraiment susciter de nouveaux exportateurs parmi les très petites entreprises quand on ne sait pas conforter les opérateurs les mieux placés?
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