Dans l’affaire de l’écotaxe, finalement suspendue par le gouvernement, peut-être faut-il distinguer entre le principe et les modalités. Sur le principe, qui pourrait être contre un système qui incite les entreprises à choisir des modes de transport moins coûteux pour la société et plus vertueux pour l’environnement ? Le problème, c’est l’incroyable amateurisme, manque de cohérence et inadéquation qui ont présidé à sa mise en place.
Amateurisme : c’est celui des signataires, après le Grenelle de l’environnement, du contrat léonin entre l’Etat et la société Ecomouv’, celle-ci obtenant l’engagement d’un dédit de 800 millions d’euros ( !) payés en cas de renoncement à cette écotaxe. Un dédit qui a sans doute pesé dans la réticence de la gauche à remettre en cause l’écotaxe lors de son arrivée au pouvoir. Sans oublier que confier, à l’époque, la collecte d’une taxe à une société privée ressemble fort à des pratiques du temps de la royauté et qui avaient conduit à la mise en prison du surintendant Fouquet.
Incohérence : demander à des entreprises d’avoir recours à des alternatives en matière de transport c’est bien. Encore faut-il qu’il y en ait. Depuis des décennies, l’Etat a laissé la SNCF se désintéresser du fret ferroviaire, comme si une sorte de fatalisme condamnait ce moyen de transport au profit de la route. Un abandon qui a quasi obligé les entreprises à ne pouvoir compter que sur la route.
Inadéquation : l’écotaxe à la française tombe au plus mauvais moment : les entreprises les plus touchées, celles de l’agroalimentaire surtout, se trouvent aux prises avec une des périodes les plus noires de leur vie, face à une concurrence rude de la part de pays européens et non européens. Mais, aussi, cette écotaxe est censée touchée les camions dès les 3,5 tonnes. En Allemagne, l’écotaxe tant vantée ne touche que les poids lourds de plus de 12 tonnes. C’est un monde qui sépare les deux systèmes.

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