Au vu de leurs premiers résultats 2009, bien des entreprises agroalimentaires montrent qu’elles ont su s’adapter à la crise. Et celles qui, comme le leader français Danone, se sont le plus redéployées sur tous les continents s’apprêtent à profiter de la vive croissance des pays émergents. En revanche, les signaux positifs qui sont venus trimestre après trimestre de la consommation en France comme en Europe ne doivent pas faire illusion ; que la crise grecque fasse tache d’huile dans le sud de l’Europe, les risques de rechute ne manqueront pas et, en tout cas, la reprise sera plus faible que prévu sur tout le continent. C’est ce à quoi Franck Riboud prépare son groupe, quand il déclare que « la crise sociale est devant nous ». D’où l’importance pour Danone d’avoir démontré tout au long de son dernier exercice l’efficacité de son plan « Reset » conçu il y a plus d’un an. Pour une part, la méthode adoptée servira de modèle aux entreprises de grande consommation : sans remettre en cause son core-business – la santé déclinée sur trois métiers, les produits frais, la nutrition infantile et l’eau – le choix a été d’accentuer les efforts de productivité, de refondre et resserrer les gammes, de baisser ou au moins maintenir les prix, de jouer des promotions, le tout pour relancer au maximum les volumes. Pour faire croître encore de 5% son chiffre d’affaires, la même recette devra resservir en 2010 mais le contexte sera moins favorable, le prix des matières premières, qui baissait l’an dernier, étant plutôt reparti à la hausse et la croissance des volumes risquant de ne bien fonctionner que dans les marchés émergents. En dernier recours, les produits low cost qui ont été conçus pour eux pourraient toujours être lancés chez nous : les marges n’en seraient que meilleures !
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