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Recherche Moins de mauvaises odeurs dans les porcheries

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Les litières, des densités d’élevage et des taux de protéines moins importants réduisent les émissions des mauvaises odeurs dans les porcheries. Telles étaient quelques-unes des conclusions présentées le 9 novembre novembre à Angers, lors du colloque « Porcherie Verte ». Ce programme, lancé en 2001 par plusieurs organismes de recherche dont l’Inra, vise à améliorer la compétitivité des élevages tout en préservant l’environnement.

Des porcheries propres et sans odeur ? Ce sera peut-être possible si l’on en croit les résultats du programme « Porcherie Verte », présentés à Angers le 9 novembre. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra), en collaboration notamment avec l’Institut technique du porc (ITP), le Cemagref et l’Adaeso, présentait le 9 novembre, à Angers, ce que pourrait être les élevages porcins de demain. Lancé en 2001, « Porcherie Verte » est un programme de recherche inter-organismes qui s’est donné pour objectifs « de concevoir et promouvoir des systèmes durables de production porcine, diversifiés et compétitifs, qui préservent l’environnement ».

Les litières limitent les effluves

Le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), tous deux gaz à effets de serre et l’ammoniac (NH3) sont les principaux responsables des mauvaises odeurs des porcheries. Mais comment les limiter, se sont demandé les chercheurs du programme « Porcherie Verte » ? Selon Catherine Jondreville (Inra) et Yvon Salaün (ITP), les conditions d’élevage jouent un rôle très important dans le dégagement des mauvaises odeurs. « L’utilisation de litières dans les élevages permet de limiter nettement les nuisances olfactives, par rapport aux caillebotis», expliquent-ils. Les études montrent que litières améliorent la qualité des produits, le bien-être et la santé des animaux.

Moins d’ammoniac avec plus d’espace

Des expérimentations ont également montré que la densité animale des élevages pouvait influer sensiblement sur les émissions d’ammoniac. Ainsi, pour une surface de plus de 2m2 par porc, les dégagements sont nettement moins élevés.

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La teneur en protéines des aliments joue aussi un rôle capital dans la présence de mauvaises odeurs. Des expérimentations menées par l’Inra et le Cemagref ont montré que la diminution de la teneur en protéines de l’aliment entraîne à la fois des réductions de l’azote excrété et de la masse de lisier, mais aussi une réduction notable de la volatilisation d’ammoniac à partir de lisiers. Pour une teneur en protéines des aliments de 20%, l’azote excrété est de 31 g/jour par porc, pour 227 kg de lisier (fin de collecte). La volatilisation de l’ammoniac (NH3) est de 20 mg/ heure/ kg de lisier frais. Avec 12 % de protéines dans l’aliment, l’azote excrété n’est plus que de 14 g/jour, la masse de lisier de 166 kg et la volatilisation d’ammoniac de 5 mg /h/kg de lisier.

Mais les porcheries 100 % sans odeur ne sont pas encore totalement envisageables. Catherine Jondreville reconnaît que les émissions de protoxyde d’azote (N2O) ne sont pas encore mises en lumière. L’Inra reconnaît que leurs facteurs de variation sont le « point noir » de ses chercheurs.

Pour plus d’informations sur le programme « Porcherie Verte » : www. inra. fr/porcherie-verte