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Pesticides/alimentation Moins de pesticides dans l’alimentation, selon l’AESA

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Une diminution du taux de dépassement des limites maximales de résidus (LMR) de pesticides dans l’alimentation, de 4,4% en 2006 à 1,4% en 2009, aurait été observée au sein de l’Union européenne, selon le 3e rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments portant sur 2009, que vient de publier l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA). Cette dernière attribue ces progrès en partie à la nouvelle législation européenne sur les LMR de pesticides et au processus d’harmonisation qui a simplifié le système des LMR en Europe.

Les résultats des contrôles des résidus de pesticides dans l’alimentation effectués en 2009 par 27 Etats membres de l’UE et deux pays de l’AELE (Islande et Norvège) semblent garantir la conformité des aliments avec les normes définies dans la législation européenne sur les résidus de pesticides, si l’on en croit le 3e rapport annuel sur les résidus de pesticides dans l’alimentation, publié le 8 novembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Le rapport indique que les taux de conformité « continuent d’augmenter avec 97,4 % des échantillons analysés conformes aux limites maximales de résidus (LMR) autorisées », ce qui représente une augmentation d’environ un pour cent par rapport à 2008. Le rapport note également que le taux de dépassement des LMR de pesticides dans l’alimentation aurait accusé une baisse passant de 4,4% en 2006 à 1,4% en 2009.
L’AESA estime que ces résultats encourageants peuvent être partiellement attribués à la nouvelle législation européenne sur les LMR de pesticides (entrée en vigueur en septembre 2008) et au processus d’harmonisation qui a simplifié le système des LMR en Europe. Cependant, d’autres facteurs – tels qu’une utilisation plus efficace de la législation obligeant les producteurs et d’autres acteurs de l’industrie à mettre en œuvre des systèmes de sécurité, ainsi que des changements en matière de pratiques d’utilisation des pesticides en Europe – pourraient avoir contribué à cette amélioration.

Taux de résidus les plus bas: les produits d’origine animale et les produits bio
Chaque pays déclarant met en œuvre deux programmes de contrôle : un programme national (élaboré par chaque pays) et un programme coordonné par l’UE, qui spécifie les activités de contrôle à réaliser. Dans le cadre du 1er programme, les 27 Etats membres de l’UE et l’Islande et la Norvège ont analysé près de 68 000 échantillons d’aliments pour 834 pesticides. Le nombre de produits alimentaires analysés s’élevait à environ 300 en 2009, contre un peu moins de 200 en 2008.
Le programme coordonné de l’UE a analysé de son côté de 20 à 30 denrées alimentaires (fruits, légumes, céréales et produits d’origine animale), considérées comme des composants majeurs du régime alimentaire des Européens, sur une durée de trois ans. En 2009, parmi les produits sélectionnés figuraient, entre autres, les aubergines, les bananes, le beurre, le chou-fleur, les œufs, le jus d’orange, les pois, les poivrons, les raisins de table et le blé. Le rapport de l’AESA observe par ailleurs que le dépassement des LMR a plus souvent été observé dans des échantillons provenant de pays situés en dehors de l’Espace économique européen (6,9 % des échantillons) que dans ceux provenant des pays de l’UE et de l’AELE (1,5 % des échantillons).
Il relève aussi que les taux de dépassement les plus bas se retrouvent dans les produits alimentaires d’origine animale (0,3 %). Autre résultat à remarquer : le niveau de dépassement des LMR enregistré pour les produits issus de l’agriculture biologique s’est révélé 7 fois inférieur à celui des produits issus de l’agriculture conventionnelle.

Raisins de table : champions du dépassement des LMR
Selon le rapport de l’AESA, le pourcentage le plus élevé d’échantillons dépassant la LMR a été identifié pour les raisins de table (2,8%), suivis des poivrons (1,8%), aubergines (1,7%), pois (1,0%), blé (0,8%), beurre (0,6%), le chou-fleur (0,5%), bananes (0,4%) et les œufs de poule (0,2%). Aucun des échantillons de jus d’orange n’aurait dépassé les limites légales. La majorité des aliments d’origine animale a été exempte de résidus détectables (99,7%). Au total, 34 pesticides différents ont été trouvés dans les produits animaux, mais, selon le rapport de l’AESA, la présence de la plupart d’entre eux était due « à des contaminations de l’environnement avec des pesticides persistants qui ont été interdits au niveau européen plutôt qu’à des utilisations réelles des pesticides sur les cultures fourragères ». L’unité « Pesticides » de l’AESA, qui a préparé le rapport, a précisé que la présence de pesticides dans les aliments à un niveau dépassant les LMR « ne doit pas nécessairement susciter d’inquiétude quant à la sécurité de l’aliment ». Dans les conclusions du rapport, l’AESA a quand même pris soin de formuler un certain nombre de recommandations visant à « améliorer les futurs programmes de surveillance et l’application de la législation européenne sur les résidus de pesticides ».

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