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Moins de surfaces céréalières entre 2008 et 2018

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Après une hausse durant les années 2000, les surfaces céréales ont reflué entre 2008 et 2018, note le ministère de l'Agriculture. Les surfaces en herbes restent, quant à elles, stables.

Le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) a indiqué le 29 juin qu’« entre 2008 et 2018, la surface des cultures céréalières baisse », contrastant avec une « stabilité de la surface en herbe ». « En moyenne, entre 2008 et 2017, la surface des céréales est de 9 435 milliers d’hectares ; en 2018, elle n’en représente plus que 9 054 milliers » (-3 % sur un an), d’après une note. Cela représente le « plus faible assolement des dix dernières années », souligne Agreste. En remontant encore dans le temps, les surfaces de céréales étaient de 9 027 milliers d’hectares en 2000 et de 9 103 milliers en 1988. La baisse de la sole céréalière est partiellement compensée par une hausse côté oléagineux, à 2 357 milliers d’hectares en 2018 (+8,7 % par rapport à 2017).

« Dans l’ensemble, les surfaces en prairies et fourrages sont quasi-stables sur un an (+0,5 %) », à 12 434 milliers d’hectares, poursuit la note. La hausse de la surface toujours en herbe, à 7 837 milliers d’hectares (+3,8 % sur un an) et la baisse de celle des prairies artificielles et temporaires, à 3 086 milliers d’hectares (-7,5 % sur un an) correspondent pour partie à la requalification de ces dernières en prairies permanentes, liée à leur âge, analyse le ministère.

Des transferts géographiques

« Cette stabilité globale cache d’importantes disparités géographiques, montrant qu’il ne s’agit pas partout de requalification », considère l’auteur. En Normandie et en Pays de la Loire, les importantes diminutions des fourrages et prairies sont contrebalancées par des augmentations de surfaces en grandes cultures. À l’inverse, dans les départements méditerranéens d’Occitanie et en Centre‑Val de Loire, la baisse des surfaces en grandes cultures s’accompagne d’une hausse des prairies.

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Agreste met par ailleurs en avant une forte croissance des soles en légumes secs, à 67 milliers d’hectares en 2018 (+169 % par rapport à la moyenne 2008-17), et en légumineuses fourragères, incluant l’ensemble luzerne, trèfle, sainfoin à 425 milliers d’hectares (+14 % sur un an). Une évolution qui porte « la marque des orientations de politiques publiques ».

« Les surfaces des cultures de légumes secs pour l’alimentation humaine explosent ; elles sont multipliées par 2,7 ces dix dernières années », souligne la note. Ce sont des cultures localisées tant dans le nord que dans le sud‑ouest de la France. Agreste rappelle que les légumes secs, utiles dans la fixation de l’azote font, à ce titre, partie des productions désignées comme Surfaces d’intérêt écologique (SIE) pour le paiement vert de la Pac, à la suite de la réforme de 2015.

Quant aux légumineuses fourragères, destinées à l’alimentation animale, plus de la moitié d’entre elles sont situées dans trois régions : l’Occitanie, Grand Est et Nouvelle‑Aquitaine. Depuis 2015, cette culture est encouragée par une aide couplée de la Pac.

En 2018, les surfaces céréalières au plus bas depuis dix ans