L’industrie alimentaire est réputée pour être un amortisseur de crises pour l’économie dans son ensemble. On a longtemps pu compter sur elle pour maintenir de la croissance, de l’emploi et des rentrées de devises. Pendant des années, cela a marché au risque d’endormir toute vigilance. Aussi le réveil est brutal quand on découvre que son chiffre d’affaires a chuté de 8% l’an dernier. Et le repli des matières premières n’est pas seul en cause, la pression des enseignes, la baisse des marges et de la compétitivité sur les marchés extérieurs sont des signaux autrement inquiétants et qui ont toute chance de s’aggraver cette année. D’où l’intérêt, a priori, d’une attention plus soutenue aux problèmes du secteur que laisse augurer la création d’un Comité stratégique pour la filière agroalimentaire entre ministères de l’Industrie et de l’Agriculture et entre l’Ania et Coop de France. Surtout si cela lui ouvre les fonds du Grand Emprunt ou ceux de la BEI. Mais la concertation, même plus poussée à l’occasion de la définition de plans de développement des filières, semble avoir ses limites. Cela ne va pas jusqu’à faire sauter les principaux verrous que stigmatise la profession puisque le gouvernement refuse d’amender la LME comme souhaité par l’Ania, de peur, croit-il, de rouvrir la boîte de Pandore. Et que Bruno Le Maire tient, à travers la LMA, à rendre la contractualisation obligatoire là où les industriels voudraient qu’elle reste à l’initiative des secteurs qui en veulent. Ou à imposer la mention de l’origine des produits, ce qu’ils jugent totalement impraticable voire discriminatoire.
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