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CHOCOLAT / INVESTISSEMENT Monbana investit 8 millions d'euros dans une nouvelle usine en Bretagne

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Le chocolatier d'Ernée (Mayenne) investit dans un nouveau site de production à Fougères, près de Rennes, en remplacement de l'usine de Landivy. Objectif : augmenter les capacités de production en poudre pour chocolat chaud pour les CHR, un marché sur lequel il nourrit de grandes ambitions

La chocolaterie Monbana (44 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015) parie sur l'engouement pour le « vrai » chocolat chaud servi dans les cafés. Et met les moyens pour produire de la poudre de chocolat en investissant dans une nouvelle usine à Fougères (Ille-et-Vilaine). Le nouvel équipement entrera en production le 5 septembre et permettra de fabriquer 5 000 tonnes de poudre de chocolat par an. « Nous avons investi 8 millions d'euros dont 2,4 millions dès cette année dans les machines et 5,6 pour les bâtiments », explique Dominique Renault, directeur général de Monbana. L'usine, qui remplacera le site historique de Landivy en Mayenne (capacité de 2 300 tonnes) sera très automatisée et emploiera 47 salariés de l'ancien site (l'entreprise emploie 283 salariés au total). Outre la production, l'usine accueillera la R&D (trois ingénieurs et deux maîtres chocolatiers qui réalisent 45 innovations par an), un centre de formation pour les forces de vente des clients, et doit servir de vitrine. « Ce nouveau site va jouer un rôle important en termes d'image car il nous permet de montrer à nos clients, dont beaucoup viennent de l'étranger, comment nous produisons et comment nous innovons », explique le DG.

La nouvelle usine traduit l'ambition de l'entreprise dans la poudre de choco-lat. « Notre objectif est de convaincre les professionnels du food service des vertus du véritable chocolat chaud mis en œuvre non pas à base d'eau chaude mais à partir de lait chaud », poursuit le DG. Avec ce produit, Monbana espère poursuivre sa percée sur les marchés internationaux où le chocolat chaud traditionnel gagne de nouveaux adeptes. Sur ce marché, il occupe déjà une place de choix en France où 70% du chocolat chaud consommé en CHR est produit par Monbana selon l'industriel.

LE CHOCOLAT DÉSORMAIS INDISSOCIABLE DE L'EXPRESSO

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Pour se développer dans les prochaines années, l'entreprise va miser sur le chocolat en poudre mais aussi sur sa principale activité : le chocolat individuel d'accompagnement du café dans les CHR, un marché qu'il a contribué à créer et dont il détient la moitié des parts de marché en France. « Nous travaillons pour la très grande majorité des torréfacteurs présents en France pour qui nous fabriquons les carrés à leur marque », explique Dominique Renault. Monbana veut aujourd'hui s'appuyer sur cette solide position acquise sur son marché domestique pour aller vers l'international. « Le marché du carré de chocolat de bord de tasse est tiré par l'essor de l'expresso à l'international : c'est un accompagnement qui est devenu obligatoire dans l'univers du food service », note le directeur général. Les marchés étrangers sont aussi une opportunité pour mettre en avant sa propre marque, alors que celle-ci est peu présente en CHR en France. Monbana est surtout présent en Europe, un peu en Asie et depuis trois ans aux Etats-Unis. Pour conquérir le marché américain, le chocolatier a mis en place un GIE avec trois autres entreprises : la Biscuiterie de l'abbaye, les champignons Borde et Christian Potier. Il y réalise actuellement 500 000 euros de chiffre d'affaires. Toutefois, sur le marché B to C national, Monbana se fait connaître à travers son réseau de 32 boutiques, dont 20 sont en franchise. « Nous poursuivons le développement de notre réseau à raison de 3 à 4 ouvertures par an en franchise », précise le DG, l'activité des boutiques générant environ 10% du chiffre d'affaires.

Le chocolatier, dont le capital est contrôlé à 85% par la famille fondatrice, les Guattari, et à 15% par son DG, va poursuivre son développement en s'appuyant sur ses trois sites industriels (Fougères, Ernée et Colmar) et s'est fixé pour objectif de faire progresser rapidement le chiffre d'affaires qui doit passer, selon le plan interne Cap Excellence, de 47 millions d'euros prévus en 2016 à 80 millions d'euros en 2020.