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Charcuterie /Acquisition Monique Piffaut investit et rachète Montagne Noire à Delpeyrat

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Le groupe Financière Turenne Lafayette, détenu par Monique Piffaut, est très actif en ce moment. Il va reprendre la marque Montagne Noire ainsi que deux de ses usines à Delpeyrat, filiale de Maïsadour. Cette acquisition se fait dans le cadre d’un grand plan stratégique d’investissements et de spécialisation de ses sites, qui vise à donner à la Financière Turenne Lafayette une place prédominante dans les secteurs sec et traiteur. 21 millions d’euros seront notamment consacrés à l’usine Paul Prédault à Goussainville (95).

La marque Montagne Noire, spécialiste de la salaison sèche, va bientôt être la propriété de Monique Piffaut (Financière Turenne Lafayette, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires). Delpeyrat (groupe Maïsadour) souhaitait se séparer de cette marque et de ses deux usines de salaisons sèches à Durfort (81) et à Narbonne (11) depuis son acquisition auprès de l’espagnol Campofrio en 2007. « Cette activité n’a jamais été stratégique pour nous. Nous attendions donc un repreneur intéressé pour la céder », explique Thierry Blandinières, président de Delpeyrat. Monique Piffaut acquiert ainsi une affaire pesant 45 millions d’euros, réalisé à 70 % en MDD et à 30 % sous marque propre. Delpeyrat garde l’usine de jambon de Bayonne de Montagne noire. La cession devrait être finalisée le 31 décembre 2009. La filiale de Maïsadour sera ainsi complètement désengagée de la salaison sèche. En mars 2008, la société avait déjà cédé à Monique Piffaut son usine de Murat-sur-Vèbre (81), spécialisée dans ce secteur.

21 millions d’euros d’investissements dans l’usine Paul Prédault
Le rachat de Montagne Noire fait partie d’une stratégie globale de renforcement du pôle sec et du pôle traiteur du groupe Financière Turenne Lafayette. « Le groupe Financière Turenne Lafayette, à travers ses restructurations et ses acquisitions en salaisons, désire se positionner en généraliste sur le marché des produits frais et la spécialisation par site permettra au groupe d’occuper une place prédominante dans les secteurs sec et traiteur », indique Monique Piffaut. Le groupe compte recentrer un maximum de produits sous la marque Paul Prédault et axer l’image de marque sur la notion de traiteur et sur la qualité du jambon Foué. La gamme pourrait ainsi être étendue à d’autres produits. En outre, Monique Piffaut prévoit d’augmenter la superficie de son usine Paul Prédault à Goussainville (95), qui va passer de 7 200 à 14 280 m2, ce qui nécessitera un investissement de 21 millions d’euros. Elle produira, en 2010, 12 000 tonnes de produits à la coupe et 15 000 tonnes en LS.

Spécialisation des sites
L’usine Germanaud de Blois (41), dont la production s’élève actuellement à 7 200 tonnes, sera quant à elle davantage spécialisée dans le jambon LS/MDD tandis que l’usine de Brennilis (Salaisons de l’Arrée) dans le Finistère sera spécialisée dans la dinde et le poulet. Par ailleurs, pour le jambon sec et le saucisson, un projet de spécialisation est en cours suite au projet d’acquisition de deux autres sites situés dans la région d’Albi (81). L’usine de Terradou à Albi produira des grosses pièces de jambon (1 million par an), du bacon (à hauteur de 1500 tonnes) et de la plancha. Le tranchage sera regroupé dans une usine en cours d’acquisition. Elle comportera dix lignes et pourra produire ainsi entre 7 500 et 8 000 tonnes de tranchage sec auxquelles s’ajouteront des produits italiens. Le saucisson frais sera fabriqué entièrement dans la deuxième usine en cours d’acquisition (spécialisée dans le saucisson LS) dont la capacité de production s’élève à 10 000 tonnes par an. Le site de Murat-sur-Vèbre (81) sera quant à lui spécialisé dans la rosette avec une capacité de 65 tonnes par semaine. « Les investissements réalisés en 2008 et 2009 sur les sites de Terradou à Albi et de Murat sur Vebre avec l’acquisition de matériels approchent les 3,5 millions d’euros », précise Monique Piffaut. Le site de Chambéry (73), spécialisé dans les pâtes fraîches, produit actuellement 9000 tonnes auxquelles s’ajoutent 2000 tonnes en sous-traitance. Les travaux actuels et le nouveau matériel (2,5 millions d’euros d’investissements) devraient lui permettre d’atteindre 14 000 tonnes et ainsi d’abandonner la sous-traitance.

Acquisition en cours dans le secteur du pâté
Quant au site de Corbas (69), il fabrique actuellement 6700 tonnes de quenelles, ce qui permet à la Financière Turenne Lafayette d’être leader français des quenelles fraîches. Une extension est prévue (1,5 million d’euros d’investissements en 2010) vers d’autres produits complémentaires. En ce qui concerne le pâté, un projet d’acquisition dans le nord de la France est en cours afin de transférer cette activité vers un site « très fonctionnel » avec du matériel qui fera l’objet d’investissements. Le groupe Financière Turenne Lafayette vise, dans un premier temps, 5 000 tonnes de production avec cette usine. Concernant William Saurin, rien n’est pour le moment annoncé par le groupe. Le magazine Challenge avait évoqué un possible rapprochement avec le géant de l’agroalimentaire espagnol Ebro Puleva (Panzani, Lustucru, Taureau ailé...). Une information que dément Monique Piffaut.

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