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Investissement/Charcuterie Monique Ranou envisage un nouveau programme d’investissements

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La Société Charcutière de l’Odet, plus connu sous le nom de SCO-Monique Ranou (Saint-Evarzec, Finistère) vient d’annoncer un plan d’investissement de 20 millions € pour renforcer ses capacités en fabrication de jambon. Pour le bonheur de son actionnaire Intermarché.

Ce programme reste à finaliser. Mais le temps presse. Dans son cœur de métier, le jambon libre-service – 22 000 t sur un total de fabrications de 49 000 t en 2013 (200 millions € de ventes, 747 salariés) –, la salaisonnerie numéro 1 du Groupement des Mousquetaires (Intermarché) devrait atteindre son point de saturation dans trois ans, selon Jean-Pierre Ropars, directeur général de la SCO Monique Ranou. « Nous sommes en discussion avec notre actionnaire », dit-il. Problème, la SCO-Monique Ranou ne possède plus de foncier à proximité. Jean-Pierre Ropars évoque un nouveau site industriel. « Nous poussons pour que ce soit en Bretagne, poursuit Jean-Pierre Ropars. Nous sommes persuadés que c’est ici que nous devons travailler ».
Le dernier investissement d’augmentation de capacités en jambon de la SCO-Monique Ranou remonte à 2008-2009 (26,5 millions €). Le site a récemment bénéficié d’une enveloppe de 14,5 millions € (2012-2013) pour renforcer ses capacités de production de knacks et saucisses cocktails. La plus grosse salaisonnerie des Mousquetaires répartit ses fabrications entre le jambon (22 000 t), les knacks (10 200 t), les lardons (6300 t), les produits de charcuterie divers (6 700 t) et les la charcuterie de volaille (4000 t). Dans les prochains mois, la SCO Monique Ranou gagnera un peu de place en transférant toute son activité lardons vers une autre salaisonnerie de la galaxie des Mousquetaires, Onno (Saint-Méen Le Grand, Ille-et-Vilaine). Mais elle récupérèrera dans le même temps des volumes équivalents de jambon fabriqués chez Onno.
 
Une croissance rapide
L’activité de la SCO-Monique Ranou progresse de 3 à 5 % l’an depuis plusieurs années. Pour mémoire, à l’entrée majoritaire des Mousquetaires dans la SCO-Monique Ranou, en 1998, l’entreprise pesait 27 000 t de production pour un CA d’un peu plus de 100 millions €. L’activité a tout simplement doublé en quinze ans. Lorsqu’on est industriel dans un groupe de distribution, la commercialisation des produits ne coule pas forcément de source. C’est vrai, 82 % des ventes de l’entreprise finistérienne sont réalisées dans les 2500 points de vente des Mousquetaires en France. « Mais ce sont des indépendants libres de leurs achats. » Monique Ranou, la marque de l’entreprise (66 % de son CA cette année) participe de la dynamique industrielle de l’entreprise.
Bien qu’elle soit clairement ce que l’on appelle une marque de distributeur – on ne la retrouve nulle part ailleurs que dans les points de vente d’Intermarché –, elle bénéficie d’une image de marque à part. Ainsi progresse-t-elle cette année de 8 % en ventes alors que les MDD en charcuterie « stagnent et que le premier prix régresse, poursuit Ropars. Monique Ranou est la première marque dans l’univers des produits frais non laitiers des enseignes Intermarché. Elle pèse 6,6 % de la charcuterie LS en volume en France, 5,3 % en valeur ».
Pour un industriel adossé à la grande distribution, posséder une marque est un atout, sur un marché « qui se concentre et qui s’ouvre à la concurrence étrangère, selon Jean-Pierre Ropars. On voit de plus en plus de produits de charcuterie allemands entrer en France, mais aussi polonais en hard-discount. Nous avons un outil très performant et nous pourrions très bien exporter demain pour aller titiller nos concurrents européens. »

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