Monsanto prépare l’inscription à son catalogue de son blé de printemps transgénique, résistant au RoundUp. Bien qu’il soit persuadé de recevoir rapidement l’autorisation de commercialiser cette nouvelle variété aux Etats-Unis et au Canada, où il en a fait la demande, le groupe de Saint-Louis affirme ne pas vouloir précipiter les choses. Et pour cause : les meuniers nord-américains redoutent une probable résistance des consommateurs.
« Nous ne proposerons ces semences modifiées que lorsque les industriels seront prêts et pas avant que le Japon ait également donné son feu vert », répète à loisir Michael Doane, responsable de la division blé chez Monsanto. Ce discours rassurant lui a apparemment permis de gagner la confiance des agriculteurs, notamment de ceux du Dakota du Nord qui produisent environ la moitié du blé dur de printemps américain. Le Bureau de l’Agriculture de cet Etat a en effet déclaré qu’il favoriserait son adoption par les grands producteurs de la région.
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Pour autant, le débat n’est pas clos. Le blé transgénique a été le principal sujet de polémique de la réunion annuelle de l’Association américaine de l’industrie du blé (NAWG) qui vient de s’achever à Albuquerque (Nouveau-Mexique). « Son acceptation par les consommateurs risque d’être plus difficile que pour le maïs et le soja modifié. Ceux-ci sont principalement destinés à l’alimentation animale tandis que le blé RoundUp Ready entrera directement dans l’alimentation humaine », fait remarquer Darron Coppock, directeur du NAWG. Au Canada, les réticences semblent encore plus exacerbées. Les producteurs de colza se souviennent avoir perdu le marché européen quand ils se sont mis à produire des OGM.
Monsanto mène campagne en soutenant qu’il ne distribuera son blé modifié que lorsque la filière pourra garantir une séparation étanche entre les récoltes transgéniques et les autres. L’adoption d’un tel système ne coûterait selon lui que quatre dollars US par tonne de blé traitée.
Reste la réaction des industriels européens. Grandi Molini Italiani, le plus important meunier de la Péninsule, a déjà déclaré qu’il refuserait toutes les cargaisons en provenance des régions où serait cultivé du blé transgénique, afin d’éviter les risques de contamination.