Refondation ? Rénovation ? Révolution ? Les dirigeants de la FNSEA, en présentant le congrès du Grand Bornand, ont pris un risque certain. Soit la discussion sur « quel syndicalisme demain ? » débouche sur quelques vœux pieux sans grande conséquence. Ce qui serait interprété comme l’impossibilité pour la Fédération de s’adapter aux temps modernes, si délicates soient les circonstances.

Soit ce débat - organisé sur la montagne, peut-être pour être mieux inspiré - débouche véritablement sur une refondation. Et cela impliquera tout naturellement bon nombre de remises en cause dont une grande part des militants n’ont pas encore idée. Les quatre thèmes mis en avant, le financement, le pluralisme, le politique, les interprofessions sont des sujets suffisamment sensibles pour concerner tous les aspects de la vie syndicale.

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Dans ce deuxième cas, Jean-Michel Lemétayer aura un double défi à relever. Le premier concerne l’image de la FNSEA et sa réalité. Préoccupé avant tout par son image auprès de la société, le syndicalisme majoritaire ne doit pas croire qu’il peut la changer sans, également, évoluer de l’intérieur. Dans le cas contraire, les faits se chargent toujours, à plus ou moins brève échéance, de révéler ce décalage.

Deuxième défi, celui de l’unité. Le congrès du Grand Bornand va, sans nul doute, mettre en évidence des conceptions diverses de l’action syndicale, ne serait-ce qu’en raison des diversités régionales et de production. Maintenir l’unité du mouvement sera particulièrement difficile. Surtout si l’on en juge par les affrontements qui ont cours au sein de la profession, depuis quelques semaines, en coulisses, au sujet des droits à primes Pac et de l’application en France de la réforme Fischler.