Reconverti dans l’agriculture depuis 2018, l’ancien ministre a prédit une « explosion » des marques équitables françaises, à l’occasion du LFDay (nouvelles technologies). Il en a profité pour dévoiler les premiers contours d’un projet de marque nationale de glace équitable.
L’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg est réputé sorti de la politique depuis son échec à la primaire socialiste de 2017, et sa reconversion dans l’agriculture. En effet, depuis 2018, le Bourguignon a participé au lancement de deux filières, l’une apicole, avec la société Seraf (marque Bleu Blanc Ruche) et l’autre amandicole (Compagnie des amandes), sur des démarches de « consommation citoyenne », mettant en avant l’origine France.
Mais à l’occasion du LFDay, évènement organisé le 7 juin par l’association de start-up agricoles Ferme digitale, il a peut-être fait une rechute : « Si on prend de la hauteur, la Pac a construit un modèle qui se délite, et laisse les agriculteurs seuls face au marché mondial, sans protection », a expliqué l’ancien homme politique, en clôture de l’évènement, dans un rapide examen de la politique agricole française. « Il y a une crise de la confrontation de l’agriculture face à la mondialisation. »
Mais peut-être ne s’agissait-il pas complètement d’une rechute, puisque l’exposé s’est rapidement tourné vers la mise en lumière des filières équitables nord-nord, dont font partie intégrante les entreprises dans lesquelles il s’est investi. Pour Arnaud Montebourg, « une sorte d’alliance se noue entre le consommateur et l’agriculteur. Elle se manifeste par une pression énorme du consommateur pour manger mieux », analyse-t-il. Plus loin, il explique : « Il y a une prise du pouvoir du consommateur » qui s’incarne par « l’apparition des marques équitables ». Ces marques vont « exploser », selon le ministre.
« Remplacer Häagen-Dazs »
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D’ailleurs, le discours d’Arnaud Montebourg a été ponctué d’une annonce, celle d’un projet de marque nationale de glace bio équitable, qu’il porterait avec des investisseurs japonais. « Nous sommes en train de lancer une marque de glace bio avec des investisseurs japonais. Nous allons payer 80 centimes le litre de lait », a-t-il déclaré. Son projet serait accompagné par un « glacier meilleur ouvrier de France » et porté par des « micro-usines chez les éleveurs ». L’objectif est à terme de « remplacer Häagen-Dazs », a-t-il précisé en souriant.
Dans son exposé sur l’état de la politique agricole en France, Arnaud Montebourg ne s’est pas contenté de louanges envers les filières équitables ; il a par ailleurs plaidé pour deux changements : l’ouverture du capital des exploitations agricoles, auquel il participe au travers de la Seraf et de la Compagnie des amandes, et l’investissement de la Caisse des dépôts dans le foncier agricole, pour alléger les investissements des exploitants à l’installation.
Lancement d’une marque nationale de glace bio équitable