Dans son plan de filière, le secteur céréalier a décidé de mettre l’accent sur l’innovation qui lui permettra de gagner en compétitivité, mais aussi de mieux répondre aux consommateurs et de réduire l’impact environnemental, assure-il. La démarche est louable, mais elle est partielle. Le plan de filière céréales n’analyse pas la forte concurrence que subit de plus en plus la France de la part de ses concurrents internationaux, notamment Mer Noire et Argentine. Il ne fait pas le constat que ces pays voient leur production augmenter de façon fulgurante tout en produisant des céréales de plus en plus qualitatives, grâce à un investissement massif dans les moyens de production et les infrastructures. Dans le même temps, la France, qui mettait en avant auprès de ses fournisseurs la régularité de sa production en quantité et en qualité, a été prise en défaut ces trois dernières années, soit sur sa qualité, soit sur son volume de production. D’où une concurrence accrue notamment de l’Ukraine et de la Russie qui viennent narguer la France sur son marché historique : le pourtour méditerranéen, avec des prix très attractifs grâce à des coûts de production bien moindres. Comment les céréaliers français peuvent-ils rivaliser ? Doivent-ils se recentrer sur le marché intérieur en montant en gamme, notamment sur le bio, pour combler le déficit commercial ? La question se pose. Même s’il faut rester lucide sur le fait que le blé et le maïs sont et resteront des commodités dans un marché mondial ouvert, la filière céréalière a elle aussi une marge de manoeuvre sur la montée en gamme qu’Emmanuel Macron appelle de ses voeux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.