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Biogaz Monter une unité de méthanisation reste compliqué

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La publication des nouveaux tarifs de rachat de l’électricité produite à partir de biogaz n’a pas, pour autant, simplifié les démarches pour installer une unité de méthanisation. A l’occasion d’un colloque organisé le 8 décembre par l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), les exploitants agricoles porteurs de projets ont témoigné de leurs difficultés.

Les pouvoirs publics ont publié l’intégralité des textes encadrant le dispositif de valorisation du biogaz, mais, sur le terrain, monter un projet de méthanisation continue à tenir du parcours du combattant. Comme en ont témoigné les agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) à l’occasion de leur colloque organisé le 8 décembre à Paris après 2 ans d’expérience, il faut du courage pour ne pas baisser les bras. Entre le classement IPCE (installation classée pour la protection de l’environnement), la demande de raccordement ou encore la signature du contrat de vente de l’électricité c’est une jungle de démarches – auprès de l’Ademe, de la Dreal, d’EDF, du ministère de l’Environnement… – que doivent traverser les agriculteurs. Gaëlle le Guen, chargée d’étude biogaz à l’association Aile, préconise de « mener ces différents dossiers de front car certains documents ont un délai de validité de quelques mois ».

Insuffisant

Les tarifs de rachat de l’électricité ont été revus à la hausse en mai et le nouveau contrat d’achat (BGM11) publié cet automne. Mais pour les installations de puissance importante, ces nouveaux tarifs ne sont pas beaucoup plus intéressants que les anciens. Philippe Meinrad, vice-président de l’AAMF, dont l’unité de méthanisation de 1,4 MW de puissance, montée avec deux associés (Agrivalor), va entrer en fonction début 2012, estime qu’avec les anciens tarifs il aurait perçu 13,5 cts/kWh, avec les nouveaux 14 cts/kWh. « Ce n’est pas extraordinaire. Et encore, si on arrive à bien travailler en termes d’efficacité énergétique pour atteindre le seuil de 70% », souligne-t-il.
De plus, l’AAMF souhaiterait plus de souplesse sur l’utilisation de biomasse agricole dans les unités de méthanisation. « Utiliser uniquement des lisiers et des graisses agroalimentaires, cela a ses limites notamment pour trouver le bon équilibre de la flore (les bactéries) du méthaniseur », explique Alain Guillaume, président de l’AAMF.

Standardiser le digestat

Les discussions avec les pouvoirs publics se poursuivent en ce qui concerne le digestat (résidus de la méthanisation qui peut être épandu sur les cultures). Actuellement, ce digestat est toujours considéré comme un déchet. Les méthaniseurs voudraient qu’il puisse être reconnu comme un produit. Le ministère de l’Agriculture vient d’annoncer à l’AAMF qu’il allait accompagner financièrement l’association afin d’avancer sur ce dossier de l’homologation, s’est félicité Alain Guillaume.
En tant que déchet, le digestat ne peut être utilisé que dans le cadre d’un plan d’épandage ou en compostage. Si le statut de produit lui était accordé, il pourrait être commercialisé – et, pourquoi pas, exporté depuis les régions d’élevage vers les régions de grandes cultures. Mais avant d’en faire un produit il faut tout d’abord le caractériser. Problème : les caractéristiques des digestats sont très variables selon les matières premières utilisées dans le digesteur (effluents, résidus de cultures, cultures énergétiques, déchets de l’industrie agroalimentaire…). Marc Cheverry, chef du département technique des déchets à l’Ademe, propose que dans un premier temps un digestat standardisé soit reconnu, puis dans un second temps une palette un peu plus large de produits. « La démarche va se construire pas à pas », estime Marc Cheverry.

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