Le syndicalisme agricole a indiqué qu’il ferait des propositions en matière de réorientation des aides Pac pour la mi-février ; le ministre de l’Agriculture, lui, a expliqué à plusieurs reprises qu’il prendrait des décisions pour fin janvier.

De fait, une véritable course contre la montre semble engagée entre Michel Barnier et les syndicats agricoles majoritaires. L’un veut aller vite pour être sûr de conclure avant son départ pour les élections européennes ; les autres peuvent penser que l’affaire ne sera pas bouclée avant ce terme et qu’un autre ministre sera plus accommodant, notamment parce qu’il sera tout juste arrivé .

On peut comprendre ce qui justifie cette double tactique pour retarder ou avancer les échéances. Pourtant, on peut aussi s’interroger sur sa pertinence. La réforme des aides Pac est, certes, une affaire qu’il ne faut pas précipiter, tant elle peut impliquer de changements économiques et sociaux. On a beaucoup parlé des modalités en perdant un peu de vue les objectifs : veut-on une réorientation à but économique ou social ? Veut-on seulement soutenir des secteurs en difficulté pour qu’ils ne disparaissent pas ou bien encourager des domaines prometteurs sur le plan économique ?

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour autant, cette réforme doit se faire. Elle est indispensable pour préparer, et surtout justifier, la Pac d’après 2013. Car à ce moment, la question ne sera pas celle de ses modalités mais celle de son existence même. Il n’y aura pas beaucoup de défenseurs d’une politique agricole qui serait fondée, à ce moment, sur des références historiques de plus de dix ans.

Voilà pourquoi, entre fin janvier et fin février, les uns et les autres auront intérêt à accorder leurs agendas et cesser la course contre la montre.