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Une nouvelle commission à l’ Ania Montrer le potentiel de compétitivité des industries alimentaires

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Une commission Economie et Compétitivité a été mise en place à l’Ania. Installée en décembre, elle commence tout juste à travailler actuellement et son président, Francis Pètre a précisé à Agra alimentation les termes et les méthodes qui lui permettront de remplir le mandat reçu du conseil d’administration de l’Ania. Il entend réunir une dizaine de dirigeants d’entreprises représentatifs et de directeurs de fédérations de branches avec qui, conformément à sa lettre de mission, il va multiplier prochainement les initiatives. L’objectif poursuivi à travers tout ce que va suggérer cette commission Compétitivité est que l’industrie alimentaire soit connue pour ce qu’elle est, que son poids réel dans l’économie, dans la balance commerciale, l’emploi, l’innovation, etc… soit perçu positivement.

Ce n’est pas une mince ambition, car la méconnaissance du public, même éclairé, et des décideurs politiques à tous niveaux est un fait sur lequel on ne peut se voiler la face. Et, comme l’avoue Francis Pètre, l’organisation représentative de la première industrie française n’a pas depuis longtemps vraiment forgé les outils et les indicateurs qui permettraient de bien communiquer sur tous ces sujets.

L’actuelle crise économique, selon lui, rend plus nécessaire que jamais de donner de l’agroalimentaire une image positive et réaliste tout à la fois, et le but de la nouvelle commission de l’Ania, va donc être de promouvoir la compétitivité des IAA : pour cela, elle va s’appuyer sur un Service Economique qui a été reconstitué à l’Ania sous la responsabilité de Virginie Guérin. Son travail va consister à identifier aussi bien les freins que les leviers de cette compétitivité. « C’est une tâche tout-à-fait transversale, elle va donc se faire en lien avec les autres commissions de l’Ania », note Francis Pètre qui les cite pratiquement toutes à l’exception notable de la commission Industrie-commerce. Peut-être parce que ce dossier là, omniprésent et fort de tensions qui ont toujours pris le dessus dans les esprits, n’est pas si valorisant que ça !

Du même coup, la commission de Francis Pètre va décharger en partie la commission Environnement en récupérant le groupe de travail Logistique dont les problèmes ont d’ailleurs évolué : hier, c’était par exemple la question un peu technique des échanges de palettes avec les distributeurs, aujourd’hui ce sont des dossiers plus sensibles comme les projets d’« éco-taxes » ou l’autorisation de circuler pour les camions de plus de 44 tonnes.

Observatoire économique, groupe Financement

Une des premières priorités de la commission Compétitivité est de doter l’Ania d’un Observatoire économique et de le relier à d’autres Observatoires créés ou à naître. L’Ania a déjà lancé il y a trois mois une note mensuelle de conjoncture diffusée à ses adhérents. Son service économique s’apprête à rendre accessible un tableau de bord des IAA qui figurera à la fin janvier sur l’extranet de l’Ania. Un peu plus tard va démarrer la publication d’une lettre trimestrielle destinée à favoriser une expression plus poussée des analyses et points de vue les plus significatifs sur le secteur : ce sera une plate-forme aussi pour les fédérations, les chefs d’entreprises, les experts, etc

Ces différents projets vont converger avec un autre Observatoire des IAA que le ministère de l’Agriculture envisage de bâtir suite à un rapport que Michel Barnier avait demandé au Conseil général de l’agriculture Cf Agra alimentation n°2039 du 30.10.08 p. 4.

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La commission de Francis Pètre veut de toute façon faciliter toutes les initiatives visant à regrouper les données qui existent mais qui sont dispersées et ont besoin d’être harmonisées. Elle vient aussi de constituer un Groupe Financement afin de faire émerger et d’animer un vrai réseau d’experts économiques intéressés et en y associant ceux des banques et des établissements financiers de la place. « Nous profitons de ce qu’un tel rapprochement a déjà été amorcé lorsque l’Ania a créé cet automne une cellule de médiation pour cerner en urgence les problèmes d’accès au crédit bancaire et à l’assurance-crédit » (voir encadré).

Un des autres chantiers auxquels va s’atteler la commission de Francis Pètre visera à mettre en évidence le rapport entre qualité, prix et performances. Il s’agira de participer à l’Observatoire des prix et des marges mis en place à Bercy dans la foulée du rapport Besson de décembre dernier. Ce rapport, commente Francis Pètre, « a le mérite d’exister et de montrer la voie à suivre pour objectiver le sujet, bien trop souvent polémique, de la formation des prix dans nos secteurs ».

Des « rendez-vous économiques »

D’autres points-clés de la compétitivité de l’agroalimentaire seront abordés par la commission, celui de l’allègement des normes et des procédures aux frontières, des moyens de dynamiser les exportations, et celui de l’innovation en lien avec la commission Recherche. Il y aura aussi à « connaître et à faite savoir nos performances industrielles sous l’angle de l’environnement (bilans carbone) et à revisiter l’innovation sociale » mise en œuvre par exemple pour les emplois saisonniers (en lien avec la Commission sociale, bien sûr). Un rapprochement avec l’enseignement et plus particulièrement avec les grandes écoles sera également au programme car le capital humain est une des facettes méconnues du capital immatériel des IAA. Il s’agirait par là d’essayer de résoudre un problème d’attractivité dont souffre notre secteur et qui l’empêche de recruter les meilleures compétences possibles.

Cette approche, qui met le doigt sur les actifs immatériels de l’agroalimentaire, va trouver une traduction concrète à travers les « Rendez-vous économiques de l’Ania » dont le premier porte précisément sur « la valeur des entreprises et la confiance des marchés ». Pour Christophe Bonduelle qui préside cette rencontre fixée à la mi-mars, montrer « les valeurs de notre secteur est essentiel dans la réhabilitation d’une industrie trop souvent décriée ». Avec l’assistance du cabinet Deloitte, une étude de la « tribune Sciences Po » sur « les enjeux de l’immatériel dans les IAA » servira de point de départ aux débats. Nous y reviendrons.

A noter que cette formule de demi-journées dédiées à la réflexion stratégique sont une autre innovation que l’on doit à la commission Compétitivité et que va piloter le service Economique de l’Ania.