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Moulinot valorise les déchets organiques pour alimenter les méthaniseurs agricoles

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Le premier site de traitement de Moulinot à Stains (Seine-Saint-Denis). Crédits : © Moulinot

En collectant et transformant les déchets des restaurants et des particuliers, Moulinot prend de l’avance sur une réglementation plus stricte qui entre en vigueur progressivement. Tout en répondant à une demande de « carburant » pour les méthaniseurs.

A partir de 2024, la loi obligeant particuliers et professionnels à trier leurs déchets alimentaires va représenter un puissant levier d’accélération pour les entreprises spécialistes de la collecte et de la valorisation de ces déchets. C’est ce que pense Stephan Martinez, créateur de Moulinot, une société qui collecte et transforme les déchets organiques des cuisines en « carburant » pour méthaniseur agricoles.

« Nous collectons les déchets alimentaires pour les transformer en une soupe organique débarrassée des impuretés, que nous hygiénisons à 70° C pendant une heure », explique Stéphan Martinez. Moulinot a déjà investi dans un site de transformation à Stains (Seine-Saint-Denis) d’une capacité de 40 000 tonnes. Cette soupe est ensuite livrée à des agriculteurs étant équipés de méthaniseurs qui peuvent ainsi fonctionner même lorsque les ressources naturelles de l’exploitation sont moins abondantes. La société se rémunère auprès des émetteurs de déchets comme les restaurants indépendants ou collectifs ou les collectivités locales qui collectent les déchets des particuliers. Elle livre gracieusement les agriculteurs pour l’instant, mais elle prévoit de commercialiser prochainement son « carburant » pour méthaniseur.

Levée de fonds de 18 millions d'euros

Pour nourrir son déploiement en France dans les trois prochaines années, Moulinot vient de réaliser une levée de fonds de 18 millions d’euros, en capital et en dette, auprès de la Banque des Territoires, Bpifrance, NovESS, Maif Impact, BNP Paribas Asset Management, France Active et Sycomore Impact Emploi. Les fonds vont permettre de mailler le territoire en centres de transformation de déchets. Un site est en construction à Réau (Seine-et-Marne) et sera opérationnel à la fin de l’année, et un autre est prévu à Bordeaux pour la fin de 2023. « Cinq ou six sites devraient être opérationnels d’ici 2025 », prévoit Stéphan Martinez. Chaque site sera capable de traiter entre 25 000 et 40 000 tonnes de déchets.

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Avec un seul site de transformation et une activité perturbée par la crise sanitaire et les fermetures de restaurants, la société est parvenue à réaliser un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2021, en traitant 20 000 tonnes de déchets, soit seulement 50% de la capacité de son site.

Pour son développement futur et pour convaincre les collectivités locales d’accueillir un centre de transformation, Moulinot met l’accent sur la dimension sociale de son activité : entreprise sur l’ESS, elle emploie pour chaque site entre 30 et 70 collaborateurs pour la collecte. Des emplois non délocalisables, qui s’ajoutent à la valorisation de déchets pour la production d’énergie verte.