Bientôt dans le giron du brésilien Marfrig, Moy Park France mise sur l’innovation et les investissements industriels pour concurrencer les poulets cuits en provenance de Thaïlande. S’il a investi 44 millions d’euros entre 1998 et 2005, le groupe a engagé 5 millions d’euros entre 2007 et 2008, et 6 millions sont d’ores et déjà prévus d’ici fin 2011, sur ses deux sites français implantés dans le Nord de la France. En 2007, son chiffre d’affaires a progressé de 23% à 140 millions d’euros, mais Moy Park a essuyé une perte de 10 millions.
Si le spectre du Brésil est présent dans les esprits des volaillers français, Moy Park garde en ligne de mire la Thaïlande. Ce pays asiatique aurait importé, en Europe, 73 000 tonnes de viandes cuites sur les six premiers mois de l’année 2008. Selon les prévisions du groupe irlandais, ce montant pourrait atteindre 160 000 tonnes sur l’ensemble de l’année. « Il y a un risque que les Thaïlandais inondent le marché à des prix extrêmement bas. Depuis la grippe aviaire, ils ont pris le parti d’exporter de la viande cuite au prix de la viande crue, rendant leurs produits très compétitifs », explique Joe O’Toole, directeur général de Moy Park Europe (Moy Park, Kitchen Range Foods, Albert Van Zoonen). « La concurrence existe aussi en France, mais nous nous battons avec les mêmes armes », précise-t-il.
Face à cette concurrence accrue et à un environnement économique difficile, Moy Park « affirme sa volonté de poursuivre son développement », soutenu par son nouvel actionnaire Marfrig Cf Agra alimentation n°2026 du 03/07/2008 page Une. Le brésilien prendra officiellement le contrôle de l’Irlandais à la fin du mois de septembre 2008. « Sans la viande brésilienne, nous ne pourrions pas contrer la Thaïlande », souligne Joe O’Toole. Si le groupe compte limiter son approvisionnement en provenance du Brésil de 13 à 15% de l’ensemble de ses volumes, il compte néanmoins profiter de ses bas prix.
Innover et investir
Les armes principales de Moy Park restent la diversification des protéines, l’innovation et l’investissement industriel. La diversification dans le porc entamée en 2006, au moment de la crise de la grippe aviaire, semble avoir déjà porté ses fruits. « Nous nous étions fixé comme objectif que notre activité porcine représente 30 à 40% de notre chiffre d’affaires. En 2007, 23% de la croissance de nos ventes globales ont été réalisés grâce à cette diversification. Il était important de le faire et de le faire vite », insiste Philippe Chatelier, directeur général de Moy Park France. Le groupe compte poursuivre sur cette voie et probablement ajouter une corde à son arc l’année prochaine : le bœuf. Rappelons que Marfrig est le quatrième producteur mondiale de viande bovine. En parallèle, les investissements industriels se poursuivent. Après avoir investi 44 millions d’euros de 1998 à 2005 et 5 M entre 2007 et 2008, Moy Park a prévu d’engager 6 millions d’ici fin 2011 sur ses deux sites français, situés à Hénin-Beaumont et à Marquise, dans le Pas-de-Calais.
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Encore en perte
L’objectif reste d’augmenter les capacités de production, principalement en produits rôtis et grillés, ainsi que d’investir dans de nouvelles technologies, permettant la commercialisation de nouveaux produits. Le groupe a mis en service, en avril dernier, une nouvelle machine baptisée Revoportion, conçue en partenariat avec la société Storck. Cette nouvelle technologie de portionnage permet notamment de limiter la consommation d’eau dans la production de filets de volailles. La société a, en outre, augmenté de 25% sa production de panés et installé une nouvelle ligne de rôti et doublé sa capacité de production de bacon.
La production globale de Moy Park France s’est élevée à 31 000 tonnes en 2007, contre 33 000 en 2006. Si le chiffre d’affaires du groupe en France a progressé de 23% à 140 millions d’euros, dont 42% à l’exportation l’année dernière, Moy Park a accusé une perte de 10 millions d’euros. Le retour à l’équilibre n’est pas prévu sur l’année en cours, même si cette perte devrait être diminuer.