Exclusivement tourné vers le poulet depuis quinze ans, Moy Park parie désormais sur la diversification produits. Le groupe devrait mettre sur le marché dès septembre des produits formés cuits à base de porc. Le groupe irlandais, filiale de l’américain OSI Group, mène en France une politique d’investissements soutenue pour avoir une grande réactivité et davantage de flexibilité dans ses fabrications. Cette stratégie lui permet de répondre aux marchés européens très fluctuants en proposant à ses clients une offre produits extrêmement diversifiée.
Cela fait juste quinze ans que le groupe irlandais Moy Park s’est installé à Hénin-Beaumont dans les locaux du charcutier salaisonnier Caby implanté sur la zone industrielle dès 1980. Moy Park y développa une joint venture avec le groupe volailler de Gérard Bourgoin (Bourgoin Moy Park) dont il se séparera sept ans plus tard.
Passé sous le contrôle de l’américain OSI Group en 1996, Moy Park développe dans le Pas-de-Calais son savoir-faire dans les produits élaborés à base de volailles (panés, cuits et rôtis) sur de grandes lignes de production. Il rachète deux nouveaux sites à Marquise près de Boulogne-sur-Mer en 1997 et en 2001, dans lesquels il produit des ingrédients entrant dans la fabrication des produits traiteurs destinés au marché anglais et à des industriels comme Daunat (sandwichs) ou Bonduelle (salades traiteurs). La deuxième unité est spécialisée dans la production de petites séries, notamment de produits panés.
Une diversification annoncée
En décidant de passer de la viande de volaille à la viande de porc en 2006, Moy Park aborde désormais la troisième phase française de son développement : celle de la diversification. Il veut désormais mettre à profit les technologies développées depuis quinze ans sur la base de matières premières autres que la volaille. Il devrait débuter donc avec la viande de porc, en profitant d’une hausse de consommation prévisible en Europe au détriment de celle de la volaille. Les premiers produits devraient sortir de l’usine d’Hénin-Beaumont dès septembre prochain. « Nous voulons très rapidement faire passer les produits de diversification de 10 à 30% de notre chiffre d’affaires », explique Philippe Chatelier, directeur général de Moy Park France.
A partir du site d’Hénin-Beaumont, l’une des usines européennes de transformation de la volaille les plus importantes (22 600 tonnes produites en 2005), les cinq lignes permettent la production de nuggets et de wings, de produits rôtis, de cordons bleus et de produits élaborés divers. Les onze lignes de conditionnement font face aux évolutions, parfois imprévisibles, des marchés européens. Depuis sept ans, Moy Park a investi 49 M EUR dans ses trois usines françaises. Le groupe devrait encore investir 15 M EUR en 2007 et 2008 pour l’acquisition de nouveaux matériels de cuisson, de surgélation et de conditionnement, permettant de passer la capacité de production de l’usine d’Hénin-Beaumont de 35 à 40 000 tonnes. « Notre réactivité et notre flexibilité nous permettent désormais de répondre à toutes les évolutions du marché européen », explique Philippe Chatelier,
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Plus de synergies avec l’actionnaire OSI Group
Le groupe est le seul en Europe à pouvoir développer depuis dix-huit mois une ligne automatisée de production de cordons bleus qu’il a fait évoluer progressivement de la viande de dinde à la viande de poulet. Enfin, l’appartenance au groupe international OSI Group devrait permettre à Moy Park France de compter davantage sur les synergies avec les différentes sociétés européennes du groupe.
60% des approvisionnements de l’usine se font en produits frais, le reste en produits congelés. La France représente le quart des approvisionnements, Royaume-Uni, Hollande et Danemark constituant les principaux autres pays fournisseurs de matières premières. Il faut dire qu’OSI Group a racheté Padley Poultry en mai 2004. C’est l’une des principales entreprises avicoles britanniques implantée dans l’Est de l’Angleterre dont les quatre sites emploient 3500 salariés et réalisent un chiffre d’affaires de plus de 350 Me. Un mois plus tard, OSI Group faisait également l’acquisition de Dove Valley et renforçait encore plus ses capacités de production en viande de volailles. Dans le Nord-Pas-de-Calais, Moy Park France a également débuté des approvisionnements réguliers, via l’abattoir Lionor implanté à Steenbecque (59) depuis le début de cette année à une cadence de 10 000 poulets par semaine.
Une restructuration de la filière incontournable en Europe
Pour Joe O Toole, directeur des ventes et du marketing chez Moy Park, la restructuration de la filière est devenue désormais incontournable en Europe. Aussi l’entreprise a fixé le seuil de rentabilité de ses abattoirs à 1,3 million de têtes par semaine, à l’image des capacités de l’abattoir irlandais de Dungannon. Moy Park est d’ailleurs en train d’investir 41 Me dans son abattoir irlandais d’Anwick en passant sa production hebdomadaire de 800 000 poulets à 1,3 million de poulets. En France, le groupe ne dément pas être toujours à la recherche d’une bonne opportunité qui lui permettrait de diversifier encore un peu plus ses approvisionnements en viande de volailles.