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Mulot et Petitjean : passage de relais en vue

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Catherine Petitjean, à la tête du spécialiste du pain d’épices de Dijon Mulot et Petitjean, fondé il y a 225 ans, prépare le passage de témoin à sa fille Marie, 26 ans. L’entreprise a maintenu ses ventes en 2020, en dépit du contexte difficile, mais sa marge a souffert.

C’est sans doute l’une des plus anciennes entreprises agroalimentaires familiales de France : 225 ans après son lancement, Mulot et Petitjean, fabricant du pain d’épices et de nonettes, a résisté à bien des crises, et ce n’est pas l’année 2020 qui va mettre l’entreprise à terre. Catherine Petitjean, présidente de la société, reste d’ailleurs philosophe au sujet de l’année passée : « Il faut se raisonner et regarder cette crise à la lumière d’une entreprise aussi ancienne que la nôtre », retient-elle. En 2020, l’entreprise est parvenue à maintenir le montant de son chiffre d’affaires autour de 5 millions d’euros, notamment grâce à l’activité pour les MDD. En revanche, « nous avons été très touchés par la baisse du tourisme et les fermetures de nos boutiques une partie de l’année 2020, notamment en novembre qui est un mois important avant les fêtes de fin d’année, quand nous enregistrons nos meilleures ventes », souligne Catherine Petitjean. Ses cinq boutiques détenues en propre (quatre à Dijon et une à Beaune) ont vu leur fréquentation très fortement baisser. Or, « c’est avec nos boutiques et aussi les ventes aux épiceries fines que nous faisons une grande partie de notre marge », poursuit-elle. Résultat : les comptes 2020 devraient être dans le rouge.

Les investissements se poursuivent

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La dirigeante ne perd pas pour autant le moral et prépare activement le retour des touristes et des clients dans les centres-villes. L’entreprise a continué d’investir, environ un million d’euros, dans le début de la ligne de son site industriel, comme prévu initialement. « Ces nouveaux équipements nous permettent de limiter la perte de matière et donc de répondre à un enjeu environnemental de plus en plus prégnant pour nous et pour les consommateurs. » Cet investissement sera complété fin 2021 ou début 2022 avec de nouveaux équipements pour l’emballage, le tout permettant un doublement de la capacité installée. Ces nouvelles machines seront utiles pour de nouvelles recettes. La société lance actuellement des pains d’épices à l’aneth, aux figues et noix, aux graines et son de moutarde, ainsi que des mini-nonnettes fourrées au confit d’oignon ou aux pois chiches. Autant de produits pouvant accompagner du foie gras, des fromages ou des poissons fumés, et qui peuvent aussi trouver leur place au moment de l’apéritif.

À 61 ans, Catherine Petitjean se projette aussi dans l’avenir à plus long terme. Elle prépare ainsi le passage de relais à sa plus jeune fille Marie, 26 ans, qui va débuter dans un poste à la logistique et qui pourrait prendre, dans un deuxième temps, la tête de l’entreprise. Une succession qui se fera en douceur et sur plusieurs années, afin de pérenniser le caractère familial de la société.