Le système d’alerte rapide destiné à garantir la sécurité des denrées alimentaires en Europe a été déclenché 3158 fois en 2005, indique le rapport annuel présenté, le 30 juin, par la Commission européenne. Cela représente une hausse de 22 % de sa mise à contribution, en comparaison à 2004. Bruxelles a choisi de communiquer sur le bilan du système d’alerte après qu’il ait révélé de graves dysfonctionnements. L’an passé, plusieurs crises majeures dont celle du Sudan I, un colorant cancérigène, ont révélé le manque de réactivité de plusieurs pays membres pour alerter Bruxelles.
Après la multiplication des couacs, en 2005, du système d’alerte rapide destiné à assurer la sécurité des aliments dans l’UE, la Commission européenne a publié un bilan malgré tout positif. Le réseau n’a jamais été autant utilisé que l’an passé, même si certains États membres et en particulier le Royaume-Uni ont à plusieurs reprises tardé à activer le système communautaire, se limitant à utiliser leur propre mécanisme et leurs contacts avec quelques agences nationales pour la sécurité des aliments. De surcroît, à la fin du mois de février 2005, le commissaire Markos Kyprianou chargé de la santé et de la protection des consommateurs avait dû rappeler à l’ordre les industriels de l’agroalimentaire, ceux-ci tardant à se débarrasser de certaines substances dangereuses encore présentes dans leurs stocks.
61 % des alertes concernent des produits de l’UE
Deux niveaux de gravité sont prévus par le système : les alertes à proprement parler, qui nécessitent une action immédiate de la part des États membres étant donné le niveau élevé de risque ; et les informations. Ces dernières impliquent une réaction moins rapide et un danger plus facilement maîtrisable.
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La plus grande partie des alertes implique des produits fabriqués en Europe (61 %). Le plus souvent, note la Commission, le système est déclenché par une autorité nationale après la découverte de mycotoxines, de micro-organismes comme les salmonelles ou les bactéries Escherichia-coli, de même que des substances interdites telles que des colorants dans des denrées alimentaires. La viande et les produits de la mer sont les denrées les plus sensibles, les plus souvent mis en cause dans 40 % des cas d’incidents graves. Viennent ensuite les fruits et légumes, les épices et les herbes.
« Instrument essentiel pour les consommateurs »
En revanche, les informations, second niveau sur l’échelle d’alerte, concernent d’abord des produits en provenance des pays tiers et, dans 30 % des cas, des noix ou des produits à base de noix. « Le système d’alerte rapide est un instrument de réassurance essentiel pour garantir aux citoyens qu’en cas de problème dans la chaîne alimentaire, il est géré rapidement et le risque pour le consommateur final est minimisé », a indiqué M. Kyprianou, à l’occasion de la présentation de ce rapport. Il faut dire que les conséquences d’une infection dans les aliments peuvent être dramatiques. Lors de la dernière crise, en France, des steaks hachés contaminés par des bactéries E-coli laisseront de graves séquelles à plusieurs enfants dans le sud du pays, leur fonction rénale ayant été atteinte.