Abonné

Coopératives Naissance difficile pour Coop de France

- - 4 min

Créé au début de 2003, Coop de France devait fusionner dans une même structure l’ensemble des fédérations de coopératives. Onze mois plus tard, le projet n’a pas vraiment avancé et le directeur général a même dû démissionner. Finalement, cinq structures restent motivées par la fusion, les autres préférant pour l’instant un fonctionnement de type confédéral, ce qui ne différencierait guère Coop de France de la Confédération française de la coopération agricole. Philippe Mangin, président de Coop de France, a obtenu un vote de confiance et annonçait, le 22 octobre, que le projet d’union se fera « quoi qu’il arrive ».

Onze mois après sa création le 3 décembre 2003, Coop de France n’a toujours pas vraiment démarré. Les tensions, qui couvaient depuis plusieurs mois, ont même éclaté lors du conseil d’administration du 21 octobre au cours duquel Alain Chalandon, le directeur général, a démissionné. « Alain Chalandon trouvait que le chantier de Coop de France était un peu long », a expliqué Philippe Mangin, président de Coop de France lors d’une conférence de presse le lendemain. A l’origine, le projet de Coop de France était de fusionner les fédérations de coopératives adhérentes de la CFCA (Confédération française de la coopération agricole) au sein d’une seule et même structure. Un projet ambitieux, qui devait passer par plusieurs étapes. Dès le début, les 19 fédérations nationales spécialisées se sont réparties en deux groupes, le groupe des adhérents et celui des « membres associés ». Ceux-ci rassemblaient les fédérations intéressées par l’idée d’une mise en commun de moyens mais refusaient de se dissoudre immédiatement dans une fusion. On y trouve notamment la FNCuma et Felcoop (fruits et légumes). Le groupe des adhérents les plus motivés par le projet de fusion comptait notamment la Ffcat (coopératives céréalières), la FNCBV (Bétail et viande) la FNCL (laitiers) et la CCVF (caves coopératives). Aux débuts, les deux groupes étaient à peu près équilibrés mais depuis, le groupe des adhérents a connu plusieurs défections, dont la FNCL et la CCVF qui sont allées rejoindre le groupe des membres associés. Il ne reste à ce jour que 5 fédérations parmis les « leaders », la Ffcat, la FNCBV, le Syncopac (aliments du bétail), le SNDF (deshydrateurs) et la CFCA, organisation « réceptacle » des autres.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Nos structures doivent s’adapter à la diminution du nombre d’agriculteurs »

Philippe Mangin, président de Coop de France, a voulu minimiser l’importance de ces défections, constatant que « la destination finale de Coop de France a été approuvée par 27 voix contre 5 ». Le chantier, bien que plus long que prévu se fera d’après lui « quoi qu’il arrive » puisque « chacun convient qu’il faut remembrer nos organisations et nos structures. Il faut qu’elles correspondent au nombre d’agriculteurs, qui diminue, et à leurs attentes ». Les cinq membres « leaders » devraient d’ailleurs former une union assez rapidement. Reste que les 14 autres risquent de ne pas abandonner si rapidement leur spécificité et leurs structures. Jean-Pierre Carnet, président de la FNCuma, estime que « les Cuma ont une véritable spécificité et ne se retrouvent pas forcément dans le projet de coopératives d’appro et de vente ». Son organisation est favorable à une mise en commun de certains services, notamment les services juridiques, mais refuse de perdre son âme dans un projet qui ne lui ressemble pas. « On a trop favorisé une partie des adhérents, sans se préoccuper des autres,constate-t-il. Nous partageons le projet au niveau politique, mais nous voulons que notre métier soit respecté». La position de la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) est plus radicale. « Nous ne quitterons jamais la CFCA, nouvellement Coop de France. Et notre métier est à la Maison du lait. Jamais n’a été envisagé une quelconque fusion », explique la fédération. Dans ce contexte, la FNCL réclame « une adhésion sous convention » à la carte.