Lors de l’assemblée générale de la Ffcat, Hubert Grallet, le président, a clairement exposé son opposition à la remise en cause de la fiscalité des coopératives agricoles, telle que l’expose François Guillaume dans son rapport sur les coop. Il a, par ailleurs, reconnu qu’il fallait « avancer à des pas différents » dans la constitution de Coop de France. Mais, selon lui, de nouvelles propositions vont bientôt être sur la table.
Lors de l’assemblée générale de la Ffcat (Fédération française des coopératives céréalières) qui s’est tenue à Paris le 16 novembre, Hubert Grallet, le président, a manifesté ses réserves à propos du rapport de François Guillaume sur la Coopération agricole. Celui-ci propose notamment de transformer une partie de la réserve en capital social. « Nous sortons d’une campagne 2003/2004 qui nous a fait subir des aléas climatiques exceptionnels, et pourtant les résultats des coopératives de collecte-approvisionnement sont souvent positifs au 30 juin 2004,souligne-t-il. Cela tient à une gestion rigoureuse, à une restructuration permanente, mais aussi à un niveau de fonds propres suffisant et stable » assurés grâce à la réserve.
Coop de France : « Avancer à des pas différents »
Hubert Grallet est revenu longuement sur « l’affaiblissement politique du projet Coop de France». Selon lui, « le bureau de la Ffcat a décidé de ne pas voter à l’assemblée générale extraordinaire le projet de rapprochement fédéral car il nous paraît politiquement inadmissible qu’un projet de recomposition de la coopération soit le fait d’un nombre aussi réduit de fédérations », seulement quatre : la Ffcat, la FNCBV (bétail et viandes), le SNDF (déshydrateurs de luzerne) et le Syncopac (alimentation animale). Pour autant, il affiche sa détermination : « La Ffcat est déterminée à construire Coop de France». Mais peut-être faut-il changer de stratégie : « Sur le plan organisationnel, il nous semble que nous pouvons avancer à des pas différents selon la volonté des fédérations », reconnaît-il. « Je peux vous affirmer que, probablement dès la fin 2004, va émerger un projet clair de relance de la construction politique de Coop de France », assure-t-il.
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Conquérir de nouveaux territoires
Concernant leur propre activité économique, les coopératives céréalières ont évidemment tiré les conclusions des accords à l’OMC et de la réforme de la Pac. Pour Laurent Jubert, directeur général de Champagne Céréales, l’OMC et la réforme de la Pac risquent de se traduire par des baisses de volumes. Pour lui, il y a plusieurs solutions pour retrouver des perspectives d’évolution : « Soit créer une filiale de négoce, ce que de nombreuses coopératives font, soit aller vers des ressources inexploitées, comme la bioénergie », a-t-il considéré. Autre possibilité : aller s’installer dans d’autres pays. « Pour nos filiales, c’est déjà fait, par exemple en Ukraine pour la malterie, mais pour notre coopérative, pourquoi ne pas conquérir de nouveaux territoires ? », se demande-t-il.